Mexique: faible participation au référendum pour juger d'ex-présidents pour corruption

Bureau de vote pour le référendum sur le jugement des ancien présidents, le 1er août 2021 à Guadalajara.
Bureau de vote pour le référendum sur le jugement des ancien présidents, le 1er août 2021 à Guadalajara. AFP - ULISES RUIZ

Le Mexique organisait dimanche 1er août la première consultation populaire au niveau national de son histoire. Les Mexicains la surnomment « la consultation pour juger les anciens présidents ». Elle est à l’initiative du président Andres Manuel Lopez Obrador mais la consultation a surtout creusé un fossé déjà marqué entre les soutiens et les opposants du président « AMLO ».

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Avec notre correspondante à Mexico, Antonella Francini

Sans surprise, le « oui » l’a emporté de façon écrasante. Plus de 90% des voix d’après les premiers décomptes. Mais la participation n’est que de 7%. Très loin des 40% nécessaires pour que la consultation soit contraignante pour le gouvernement.

La question référendaire proposée montrait du doigt cinq des prédécesseurs, tous de droite – Carlos Salinas, Ernesto Zedillo, Vicente Fox, Felipe Calderon et Enrique Pena Nieto – dont les mandats allaient de 1988 à 2018. Mais la Cour suprême l'a modifiée pour une alternative plus ambiguë. 

La question se lit comme suit : « Êtes-vous d'accord ou non pour que des actions pertinentes soient menées, conformément au cadre constitutionnel et légal, pour entreprendre un processus de clarification des décisions politiques prises ces dernières années par les acteurs politiques, visant à garantir la justice et les droits des victimes potentielles ? »

► À lire aussi : Mexique: un référendum pour demander des comptes aux anciens présidents

AMLO accusé de faire un coup politique

Ces dernières semaines ont polarisé le pays. Pour ou contre la consultation. Comprendre : pour ou contre le président. Les débats ne portaient pas sur le besoin de mettre fin à l’impunité des élites – les Mexicains sont d’accord là-dessus –, mais plutôt sur l’utilité même de la consultation. 

Andres Manuel Lopez Obrador, champion autoproclamé de la lutte anticorruption, avait soutenu que cette consultation publique renforcerait la démocratie participative au Mexique. Bien que le scrutin soit une idée du chef de l'État, le premier président de gauche du pays a exclu de voter lui-même car il ne veut pas que le « conservatisme corrompu et hypocrite » l'accuse de vindicte. Mais ses détracteurs n'y ont vu qu'un coup politique.

Dans les faits, ce référendum ne changera rien à la loi qui permet déjà de juger les hommes politiques à la fin de leur mandat. Les opposants reprochent surtout au président de mettre en scène sa lutte contre la corruption plutôt que de mener des actions concrètes. 

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