Nicaragua: Daniel Ortega, candidat à une élection débarrassée des opposants crédibles

Daniel Ortega brigue un quatrième mandat consécutif à la tête du Nicaragua, en compagnie de son épouse Rosario Murillo, candidate à la vice-présidence.
Daniel Ortega brigue un quatrième mandat consécutif à la tête du Nicaragua, en compagnie de son épouse Rosario Murillo, candidate à la vice-présidence. AP - Alfredo Zuniga

Les prétendants avaient jusqu'à lundi 2 août pour présenter leur candidature à la présidentielle du 7 novembre. Sans surprise, le président Daniel Ortega briguera un quatrième mandat consécutif. Il sera face à un seul autre candidat, les plus sérieux adversaires ayant été arrêtés ces derniers mois.

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C’est un duo formé par un ancien guérillero de la « Contra » anti-sandiniste et une ex-Miss Nicaragua qui affrontera l’actuel président Daniel Ortega, 75 ans, qui brigue un quatrième mandat consécutif, avec sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo. Sans surprise, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, parti au pouvoir) a approuvé lundi à l'unanimité sa candidature. Il avait déjà dirigé le pays de 1979 à 1990.

Les réseaux sociaux critiques

Les autres candidatures ont été invalidées. Dans les années 1980, Oscar Sobalvarro avait été le leader de la contre-guérilla financée par les États-Unis pour combattre la guérilla sandiniste d’extrême-gauche de l’actuel président, rappelle notre correspondante à Mexico, Antonella Francini. Oscar Sobalvarro et Berenice Quezada ont été violemment critiqués sur les réseaux sociaux pour leur participation à des élections que beaucoup qualifient de mascarade. L’alliance des Citoyens pour la liberté a défendu ses candidats dans un tweet : « On est le dernier espoir de l’opposition pour tous les Nicaraguayens qui veulent passer de la dictature à la démocratie. »

La présidence Ortega a pris un virage autoritaire au printemps 2018 avec la violente répression d’un mouvement social qui a fait plus de 300 morts. Depuis, le couple présidentiel dirige le pays d’une main de fer et n’a pas laissé beaucoup de chances à l’opposition. 

Une trentaine d'opposants arrêtés, dont sept candidats potentiels

Depuis juin, une trentaine d’opposants à Daniel Ortega ont été arrêtésEn décembre dernier, le Parlement avait voté une loi qui excluait du scrutin tous ceux que le régime considère comme des « traîtres à la patrie ». Au moins sept d’entre eux comptaient se présenter aux élections. 

La principale rivale d’Ortega, Cristina Chamorro, la fille d’une ancienne présidente du Nicaragua, est désormais sous les verrous. 

L'UE sanctionne l'épouse de Daniel Ortega

L’Union européenne a d’ailleurs décidé, lundi 2 août, d’imposer des sanctions à huit personnalités politiques et fonctionnaires nicaraguayens pour leur responsabilité dans les « graves violations des droits humains » dans le pays. Parmi eux, la vice-présidente, également première dame, et un fils du président Ortega. « La détention d'un septième candidat potentiel à la présidence le week-end dernier illustre tristement l'ampleur de la répression au Nicaragua et projette un sombre tableau pour les prochaines élections », soulignait le communiqué de l'UE.

Des sanctions européennes qui s'ajoutent à celles des États-Unis et du Canada, adoptées après les mesures prises par le régime contre l'opposition et la répression sanglante des manifestations anti-gouvernementales de 2018.

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