Revue de presse des Amériques

À la Une: en Haïti l'enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse patine

Image du président haïtien Jovenel Moise lors d'une cérémonie d'hommages à Port-au-Prince le 20 juillet 2021.
Image du président haïtien Jovenel Moise lors d'une cérémonie d'hommages à Port-au-Prince le 20 juillet 2021. © AFP - VALERIE BAERISWYL

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Près d'un mois après, les 44 personnes arrêtées à la suite de l'assassinat de Jovenel Moïse n'ont toujours pas comparu devant un juge. « Pourtant la loi haïtienne prévoit un délai maximal de 48 heures entre l'arrestation et la comparution », rappelle le Miami Herald. Au lieu de quoi, certains suspects commencent à être transférés au pénitencier national, la grande prison surpeuplée de Port-au-Prince. « Tout se fait en dehors de la loi », fustige un avocat de la défense dans les colonnes du journal. « La Colombie et les États-Unis ont exprimé leurs vives inquiétudes concernant les conditions auxquelles sont soumis les détenus », rapporte encore le Miami Herald. « Les avocats de certains ressortissants haïtiens ont accusé la police judiciaire de tout faire pour bâcler l'enquête en bafouant de manière flagrante les procédures pénales ». S'ajoute à cela les menaces de mort proférées à l'encontre de plusieurs juges en charge de l'enquête ou encore à l'encontre des greffiers qui étaient intervenus sur les lieux du drame. Ce qui fait de cette enquête « pas seulement l'affaire la plus médiatisée d'Haïti depuis un siècle mais aussi la plus controversée », conclut le journal.

Selon le site d'informations Rezo Nodwes, Line Balthasar se trouve parmi quatre personnalités recherchées. Il est le président du PHTK, le parti du président Moïse.

La classe politique divisée

Pendant ce temps, la classe politique haïtienne n'arrive toujours pas à s'entendre sur un nom qui pourrait assurer une présidence de la transition. C'est ce qui annonce le site Haïti Press Network. Pour l'instant, le pays n'a pas de président, seulement un Premier ministre par intérim. Ariel Henry a désormais « les coudées franches », estime le journal Le National.

Et pourtant, il « peine à montrer la direction qu’il veut donner au pays », constate de son côté Le Nouvelliste. « On sait que la priorité d'Ariel Henry est l’organisation d’élections générales. Mais comment y arriver ? Pourra-t-il prendre des mesures drastiques pour combattre l’insécurité ? Pendant la présidence de Jovenel Moïse, des individus soupçonnés d’être impliqués dans des massacres dans des quartiers populaires et dans la dilapidation de fonds publics n’ont jamais été inquiétés. Ariel Henry va-t-il continuer à les protéger ? ». Et l'éditorialiste de conclure: « Le Premier ministre par intérim a le choix de rester dans l’ombre de l’ancien président Jovenel Moïse ou de s’armer de courage pour diriger le pays ».

Au Nicaragua, Daniel Ortega officiellement candidat à sa réélection

Au Nicaragua, le président Daniel Ortega a été confirmé sans surprise lundi par son parti comme candidat à la présidentielle du 7 novembre. « Le Front sandiniste de libération nationale a approuvé à l'unanimité la candidature du président sortant. Son épouse, Rosario Murillo, a, elle, été désignée comme candidate à un deuxième mandat à la vice-présidence du pays », rapporte La Prensa.

« Et c'est ainsi qu'on se dirige tout droit vers des élections sur mesure pour le couple Ortega-Murillo », constate El Pais, « Les principaux opposants ont été réduit en silence. Ces dernières semaines 31 personnalités ont été emprisonnées », rappelle le journal. « Parmi elles sept candidats à la présidence ».

Pour l'éditorialiste du site d'informations Confidencial, « Daniel Ortega sait qu'il ne peut se maintenir au pouvoir que par la force. Mais en emprisonnant ses principaux concurrents politiques, le couple présidentiel prive les élections de toute légitimité. Conséquence : la communauté internationale ne reconnaîtra pas sa réélection annoncée ».

Les États-Unis bientôt touchés par une nouvelle crise du logement?

Dans le sillage de la pandémie, plus de 10 millions de locataires américains sont en retard pour payer leur loyer. Et près de 4 millions pourraient être expulsés dans les deux mois à venir. Un moratoire pour les protéger avait été signé il y a plus d'un an. Il a expiré le week-end dernier.

« La Cour suprême avait décidé fin juin que l'administration Biden ne pouvait pas simplement prolonger le moratoire. Le Congrès devrait adopter une loi », rappelle le Los Angeles Times. « Mais ni les élus démocrates au Congrès, ni l'administration Biden n'ont montré un quelconque empressement pour agir », fustige le journal. « À la fin de la semaine dernière, les démocrates ont tenté à la dernière minute de retarder les expulsions de quelques mois. Sans succès. Le moratoire a expiré ». Et le quotidien de la côte ouest de conclure : « C'est le parfait exemple d'un échec gouvernemental dévastateur ».

Un avis que ne partage pas du tout le Wall Street Journal. Pour le journal conservateur, « le moratoire sur les expulsions était peut-être justifiable au début de la crise sanitaire qui avait provoqué le chômage de millions d'Américains. Mais aujourd'hui il s'avère avoir été une mauvaise décision politique qui a déformé les comportements ».

Les démocrates cherchent des responsables pour le drame annoncé. « Les représentants de l'aile gauche du parti pointent du doigt les démocrates conservateurs et la présidente de la Chambre. Nancy Pelosi, de son côté, blâme l'administration Biden et les Républicains », détaille le Washington Post. Pourtant, estime l'éditorialiste, « la responsabilité du drame annoncé n'incombe ni à l'administration Biden, ni aux élus démocrates. Le gouvernement fédéral a débloqué beaucoup d'argent. Les États ne parviennent tout simplement pas à le distribuer. C'est cette bureaucratie désastreuse qui va mettre en difficulté les propriétaires et jeter des millions de locataires dans la rue », prévient le Washington Post.

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