Nicaragua: l'opposition dénonce l'assignation à résidence de sa candidate à la vice-présidence

L'ex-miss Nicaragua Berenice Quezada et candidate à la vice-présidence du pays pour l'opposition, le 28 juillet à Managua.
L'ex-miss Nicaragua Berenice Quezada et candidate à la vice-présidence du pays pour l'opposition, le 28 juillet à Managua. REUTERS - STRINGER

Berenice Quezada, la candidate à la vice-présidence du Nicaragua pour le parti d'opposition l'Alliance des citoyens pour la liberté (CxL), est assignée à résidence chez elle depuis mardi soir par la police, a dénoncé son parti.

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Berenice Quezada « a été informée par les autorités judiciaires et le ministère public qu'elle se trouvait à partir de ce moment en détention à domicile sans accès à des communications téléphoniques et avec des restrictions migratoires » pour sortir du pays, a dénoncé mardi soir le parti sur son compte Twitter.

Selon CxL, Mme Quezada a été informée qu'il lui était « interdit à se présenter à une élection populaire » et qu'elle devrait rester à son domicile à Managua, sous surveillance policière. Ni la police, ni le parquet n'ont pour l'heure confirmé cette détention. Des sources du groupe affirment que sa détention a été suspendue. La détention de la candidate a également été dénoncée sur Twitter par la coalition d'opposition Union nationale Bleu et Blanc (UNAB).

31 opposants arrêtés

CxL a désigné fin juillet Oscar Sobalvarro, un ancien contre-révolutionnaire de 68 ans, et Berenice Quezada, une ex-Miss Nicaragua sans expérience politique comme candidats respectivement à la présidence et à la vice-présidence pour le scrutin du 7 novembre.

Un total de 31 opposants, dont sept pré-candidats à la présidentielle, ont été arrêtés depuis début juin sous l'accusation de blanchiment d'argent ou de trahison en vertu de législations adoptées fin 2020 dont les implications politiques permettant de réduire l'opposition au silence.

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La détention de Berenice Quezada est intervenue quelques heures après qu'un groupe de partisans du gouvernement du président Daniel Ortega l'eut accusée mardi devant le bureau du médiateur des droits humains (PDDH) d'avoir lancé un « appel implicite à la violence, à la haine ». Ils ont indiqué qu'ils allaient demander aux autorités électorales qu'elles lui interdisent de se présenter.

Lundi 2 août, Berenice Quezada avait demandé la libération des « prisonniers politiques » et avait appelé le peuple à voter « comme il l'a fait dans la rue » lors des manifestations antigouvernementales de 2018. La répression y avait alors fait au moins 328 morts et 2 000 blessés, selon les organisations de défense des droits humains.

(Avec AFP)

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