États-Unis : des millions de chômeurs perdent leurs allocations spéciales Covid-19

Mises en place au début de la pandémie, les allocations chômage spéciales Covid concernaient 7,5 millions d'Américains. (image d'illustration)
Mises en place au début de la pandémie, les allocations chômage spéciales Covid concernaient 7,5 millions d'Américains. (image d'illustration) REUTERS - BRENDAN MCDERMID

Les allocations chômage spéciales Covid-19 se sont arrêtées ce lundi 6 septembre aux Etats-Unis. Mise en place au début de la pandémie, cette mesure concernait 7,5 millions de personnes qui pourraient se retrouver dans des situations financières difficiles.

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Depuis plusieurs semaines, certains élus estiment qu’elles découragent le retour au travail alors que les employeurs ont du mal à recruter. Les allocations chômage ont expiré ce lundi.

Cela signifie que 7,5 millions d’Américains ne vont plus toucher les 300 dollars hebdomadaires (soit plus de 1000 € par mois) qu’ils recevaient en plus de leurs allocations habituelles. Le dispositif avait été mis en place par Donald Trump en mars 2020 et prolongé par Joe Biden à son arrivée à la Maison Blanche, rappelle notre correspondante à New York, Loubna Anaki.

Si certains voient en la fin des allocations un moyen de relancer le marché du travail, d’autres estiment que cela va obliger les chômeurs à être moins regardants sur les emplois et les salaires proposés. Certaines associations estiment également que cela pourrait mettre des familles en difficulté financière, alors que la crise sanitaire continue avec le variant Delta.

D’ailleurs, le président Biden a appelé certains Etats à utiliser les fonds d’aide versés par l’Etat fédéral pour remplacer ces allocations et soutenir les Américains les plus en difficulté. Mais une vingtaine d'Etats, notamment républicains, avaient déjà mis fin à ces allocations. 

Des conséquences difficiles à évaluer

Car pour certains, ces aides seraient la cause du ralentissement supposé du retour à l’emploi. Les créations de postes, trois fois moins importantes qu’anticipées, sont aussi passées par là vendredi dernier. Le problème, pour les économistes cités par le Washington Post, c’est qu’il n’y aucune corrélation clairement établie entre l’arrêt des aides et les créations d’emploi.

En revanche, ces mêmes économistes pointent des risques sur le niveau de consommation qui pourrait affecter la reprise. Les raisons de ne pas retrouver un emploi sont multiples. Il faut trouver, par exemple, des solutions de garde pour les enfants. A cela s'ajoute la peur coronavirus, qui ne donne pas envie de retourner sur un lieu de travail.

Longtemps en avance sur la vaccination, les Etats-Unis peinent à trouver un second souffle. C’est surtout cela et la flambée du variant Delta qui selon l’administration américaine obère la reprise, rapporte notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin.

Cette aide est fondamentale en temps de pandémie, avec une économie qui s’améliore, elle n’a peut-être plus de raison d’être. A court termes effectivement, il y a des craintes assez légitimes sur la précarité des Américains mais il y a aussi un débat plus profond sur les mesures à adopter. C’est là que le plan sur l’infrastructure – qui parle aussi beaucoup d’éducation et de garde d’enfants - prend toute son importance dans la vision de Joe Biden, qui considère que les réformes à mener sont beaucoup plus profondes au-delà des aides conjoncturelles.

Jérémy Guez, professeur d'économie à HEC Paris

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