Une journée de manifestations pro-Bolsonaro redoutée au Brésil

Le président brésilien Jair Bolsonaro salue ses supporters devant le palais présidentiel à Brasilia, le 6 septembre 2021.
Le président brésilien Jair Bolsonaro salue ses supporters devant le palais présidentiel à Brasilia, le 6 septembre 2021. AP - Eraldo Peres

Le Brésil fête, ce 7 septembre, le 199e anniversaire de son indépendance dans une ambiance très tendue. Des dispositifs de sécurité importants ont été déployés dans les grandes villes pour éviter des affrontements entre manifestants pro et anti-Bolsonaro.

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Jair Bolsonaro a placé la barre très haut : il a invité deux millions de Brésiliens à participer à une manifestation monstre pour défendre son gouvernement. Ce serait du jamais vu, dit-il. Objectif : réaliser une démonstration de force à un peu plus d’un an des élections alors qu’il a engagé un bras de fer avec le pouvoir judiciaire, rappelle notre correspondant à Sao Paulo, Martin Bernard.

« Ultimatum » 

Vendredi, le président d'extrême-droite n'a pas hésité à dire que cette journée de mobilisation constituerait un « ultimatum » pour la Cour suprême et il a même évoqué ce week-end la possibilité d’une « rupture » démocratique

Les réseaux sociaux bolsonaristes ont battu le rappel des troupes. Des centaines d'autocars de sympathisants de Bolsonaro doivent converger vers Sao Paulo.

L’opposition a également mobilisé ses troupes en dénonçant la dérive autoritaire du régime. Renato Janine, ancien ministre de l’Éducation et président de la Société brésilienne pour le progrès de la science, redoute des affrontements lors des manifestations. « Il est possible que le 7 septembre des groupes s'attaquent, même par la force, à des symboles soit du pouvoir de la Cour suprême, des tribunaux, soit qu'ils s'attaquent à des gens de gauche. Il est possible qu’il y ait même des morts », affirme-t-il.

De son côté, l'ancien président Lula, bien placé dans les sondages en vue de la présidentielle de l'an prochain, a envoyé hier soir sur les réseaux sociaux un message à ses soutiens. Au lieu de rassembler en ce jour de fête de l'indépendance, Jair Bolsonaro ne fait qu'attiser la violence : « On attendait des gestes de la part de celui qui dirige le pays. Qu'il adresse des mots de solidarité aux personnes victimes de la pandémie. Qu'il annonce un plan de vaccination pour tous, afin de mettre fin à cette angoisse que la population est en train de vivre. On attendait de lui un plan pour générer des emplois, qui encourage les travailleurs. On attendait qu'il dise que Petrobras allait à nouveau vendre de l'essence au coût réel et non plus au coût du dollar. Car c'est cette politique erronée qui a fait s'envoler les prix de l'essence. On attendait qu'il présente des mesures pour baisser le prix des denrées alimentaires, pour garantir un minimum de dignité aux plus pauvres ».   

Important dispositif de sécurité

Jair Bolsonaro a haussé le ton au cours des derniers jours. Il a lancé un ultimatum à deux magistrats de la Cour suprême qui ont décidé de s’opposer à des décisions considérées antidémocratiques. Sur un ton grave et mystérieux, il a également clamé qu’il ne lui restait plus que trois possibilités : la prison, la mort ou la victoire. L'ex-capitaine de l'armée est largement distancé par l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva dans les intentions de vote pour l'élection de 2022.

D'importants dispositifs de sécurité seront en place dans les grandes villes, en priorité à Brasilia, puis à Sao Paulo, afin d'éviter tout débordement. Les deux cortèges ne sont pas censés se croiser. Les spécialistes en sécurité craignent notamment la présence de policiers militaires armés dans les manifestations, même si le règlement leur interdit de prendre part à des manifestations politiques, y compris lors de leurs jours de congés. La semaine dernière, le président brésilien s'en est d'ailleurs pris aux juges et gouverneurs d'État qui envisagent de punir les policiers présents dans les manifestants bolsonaristes ce mardi.

Dès la nuit de lundi à mardi, des centaines de sympathisants du chef de l'État, à bord de camions et autres véhicules, ont « brisé les barrières de contention » et ont pénétré dans l'avenue qui mène au Congrès et à la Cour suprême (STF), qui était fermée à la circulation par mesure de sécurité, a fait savoir la police de la capitale.

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