Procès de la start-up Theranos: Elizabeth Holmes voulait «changer le monde»

Elizabeth Holmes,  la fondatrice de la start-up Theranos, au premier jours de son procès à San Jose, en CAlifornie, le 8 septembre 2021.
Elizabeth Holmes, la fondatrice de la start-up Theranos, au premier jours de son procès à San Jose, en CAlifornie, le 8 septembre 2021. AP - Nic Coury

Hollywood a déjà prévu d’en faire un film avec Jennifer Lawrence tant le scandale est exceptionnel. Le procès d’Elizabeth Holmes s’est ouvert, mercredi 8 septembre, à San José en Californie. Cette jeune femme est accusée de fraude massive après avoir levé des centaines de millions de dollars pour lancer sa start-up, Theranos, censée concevoir une technologie capable de diagnostiquer des maladies en analysant simplement quelques gouttes de sang prélevées sur un doigt. 

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Avec sa machine baptisée Edison,Theranos devait révolutionner la médecine préventive. Et à bas prix. Mais en octobre 2015, le Wall Street Journal révèle que la start-up utilise en réalité des outils disponibles dans le commerce pour ses analyses de sang. Elizabeth Holmes, la fondatrice de Theranos, réagit alors sur la chaîne CNBC : « C’est ce qu’il se passe quand vous essayez de changer les choses. On vous traite de fou et on vous combat et finalement, vous changez le monde. »

 

« Changer le monde », c'était bel et bien l’ambition d’Elizabeth Holmes depuis qu’elle avait créé Theranos en 2003, à seulement 19 ans et sans formation médicale. À son zénith en 2015, sa start-up employait 800 personnes et valait 9 milliards de dollars, faisant de la jeune femme une star de la Silicon Valley. L’ex-étudiante de Stanford à la voix grave et au col roulé a convaincu des investisseurs aussi chevronnés que le milliardaire Rupert Murdoch de croire à une technologie qui ne fonctionnait pas.

Tyler Schultz, un ex-employé interviewé dans le documentaire The inventor : « D’un côté, elle était vue comme une déesse, la nouvelle Steve Jobs [défunt fondateur d'Apple]. De l’autre, rien ne marchait, c’était un naufrage, tout était un mensonge. Même moi qui travaillais sur ces machines tous les jours, elle arrivait parfois à me convaincre ».

Elle a « menti et triché pour obtenir de l'argent », a lancé le procureur Robert Leach comme entrée en matière lors du premier jour de procès. « Ses manigances lui ont apporté la gloire, des honneurs et l'adoration. Elle était considérée comme la prochaine Steve Jobs, qu'elle admirait énormément. Elle était devenue l'une des dirigeantes les plus célébrées de la Silicon Valley et du monde - ce qu'elle avait désiré », a-t-il poursuivi devant l'accusée, ses proches, et de nombreux avocats et journalistes.

« L'échec n'est pas un crime, persévérer et ne pas y arriver n'est pas un crime », a déclaré son avocat Lance Wade. Il a tenu à rappeler les nombreux brevets déposés par Theranos et les 235 tests (cholestérol, fer, hormones, maladies...) qui pouvaient être réalisés à partir de quelques gouttes de sang. Puis il est revenu sur le rôle de son ex-petit ami et associé, de 19 ans son aîné, qui selon lui la contrôlait et abusait d'elle psychologiquement. Ramesh Balwani doit être jugé séparément.

Elizabeth Holmes risque vingt ans de prison pour fraude et d'association de malfaiteurs. Le jugement est attendu en décembre 2021.

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