Assassinat de Jovenel Moise en Haïti: le Premier ministre dénonce des «manœuvres de diversion»

Ariel Henry est invité à se présenter au parquet le 14 septembre. Mais le chef du gouvernement met en garde contre toute tentative de diversion.
Ariel Henry est invité à se présenter au parquet le 14 septembre. Mais le chef du gouvernement met en garde contre toute tentative de diversion. © AP/Matias Delacroix

Il y a plus de deux mois, le président haïtien Jovenel Moïse était assassiné en pleine nuit dans sa chambre sans qu’aucun policier de sa sécurité rapprochée ne soit blessé. Le juge choisi pour instruire le dossier a débuté les auditions de quelques personnes arrêtées. Le dossier devient encore plus politique, car l’actuel Premier ministre Ariel Henry est invité au parquet mardi 14 septembre.

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Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Quelques heures seulement après l’assassinat du président, deux appels ont été passés entre les téléphones du Premier ministre Ariel Henry et de Joseph Felix Badio, activement recherché dans le cadre de l’enquête. À 4h03 puis 4h20 du matin ce 7 juillet, le téléphone de ce dernier a été géolocalisé dans le quartier où se situe la résidence de Jovenel Moïse.

C’est ce que rapporte le commissaire du gouvernement, c’est-à-dire le procureur de Port-au-Prince, dans sa lettre par laquelle il invite Ariel Henry à se présenter mardi au parquet. Le chef du gouvernement met, lui, en garde contre toute tentative de diversion.

Le Premier ministre peut refuser de se présenter au parquet

« Les manœuvres de diversion pour semer la confusion et empêcher la justice de faire sereinement son travail ne passeront pas, s'est exclamé Ariel Henry. Les vrais coupables, les auteurs intellectuels et les commanditaires de l’assassinat odieux du président Jovenel Moïse seront trouvés, traduits en justice et punis pour leur forfait. À bon entendeur, salut ! »

Dans sa lettre, le commissaire du gouvernement a signalé que le Premier ministre pouvait refuser de se présenter à l’invitation au parquet, compte tenu - et c’est écrit en gras dans le courrier - « des restrictions dues à [son] statut de haut fonctionnaire ».

Car pour auditionner un ministre, les autorités judiciaires doivent normalement obtenir l’autorisation du président. Une procédure aujourd’hui impossible, car depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, Haïti n’a plus de président. Et le mystère quant aux commanditaires de ce meurtre perdure.

► À écouter : Haïti: «Il y a des doutes sur la capacité de la justice haïtienne à juger l’affaire Jovenel»

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