Etats-Unis: les entreprises texanes face à la loi contre l'avortement

Manifestation pour le droit à l'avortement au Texas, le 1er septembre 2021 à Edinburg.
Manifestation pour le droit à l'avortement au Texas, le 1er septembre 2021 à Edinburg. © AP/Joel Martinez

Aux Texas, la loi la plus restrictive des États-Unis sur l'avortement n'en finit pas de faire réagir. Le ministère de la justice a décidé d'attaquer le Texas pour l'anti-constitutionnalité de cette loi et ce week-end, certaines entreprises ont pris position.

Publicité

Avec notre correspondant à Houston, Thomas Harms

Salesforce, le n°1 mondial des logiciels de relation client (CRM en anglais), propose désormais à tous les employés qui ne peuvent plus avoir accès à l’IVG dans l’Etat où ils travaillent comme au Texas, d’être relocalisés ailleurs. L’entreprise compte près de 4% de ses employés au Texas, soit 2 000 personnes.

Cette prise de position contredit ce qu’avance le gouverneur texan Greg Abbott quant au soutien des entreprises aux lois très conservatrices dans cet Etat. « Il y a beaucoup d’entreprises qui aiment les positions sociales prises par l’Etat du Texas. Le mouvement des entreprises qui s’installent au Texas ne faiblit pas. Cela s’accélère même. Sachez qu’Elon Musk a dû quitter la Californie en partie à cause des politiques sociales prises par cet Etat. Elon me dit régulièrement qu’il apprécie les politiques sociales au Texas. »

A lire aussi : L'administration Biden porte plainte contre le Texas pour bloquer sa loi anti-avortement

Rebuffade d'Elon Musk installé depuis quelques mois à Boca Chica dans le sud de l’Etat. Le patron de Tesla a répondu par tweet : « En général, je crois que le gouvernement devrait rarement imposer sa volonté au peuple et, lorsqu'il le fait, il devrait aspirer à maximiser son bonheur. Ceci étant dit, en général, je préfère rester en dehors de la politique ».

Il faut dire que les entreprises préfèrent éviter le sujet très clivant de l’avortement. Ainsi, HP qui a son siège au Texas, tout comme Dell, n'ont pas directement réagi. Elles ont juste souhaité que leurs employés s'engagent dans leur communauté pour faire entendre leur voix. Michael Dell, patron de l'entreprise du même nom, a par contre ouvertement critiqué la nouvelle loi électorale, la jugeant « anti-démocratique ».

Mais comme la nouvelle loi permet d’attaquer en justice un chauffeur qui aurait transporté une femme enceinte vers une clinique, Uber et son concurrent Lyft ont décidé de prendre à leur charges les frais de justice de leurs chauffeurs. Lyft a fait un geste en plus et donné 1 million au planning familial texan.

A lire aussi : L'avortement quasi interdit au Texas

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI