Revue de presse des Amériques

À la Une: un mois après, la situation post-séisme ne fait plus l’actualité en Haïti

Un homme vend des conteneurs vides près d'une station-service à Port-au-Prince, le 29 août 2019 (image d'illustration).
Un homme vend des conteneurs vides près d'une station-service à Port-au-Prince, le 29 août 2019 (image d'illustration). © AFP/Chandan Khanna

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Le moins que l’on puisse dire, c'est que la situation post-séisme ne fait plus les grands titres de la presse haïtienne. Seul Le Nouvelliste publie aujourd’hui deux courts articles sur L’Asile, une commune durement touchée par le tremblement de terre dans le département des Nippes. Mais comme le constate l’éditorialiste du journal, « la catastrophe ne fait plus l’actualité. Le pays a laissé de côté l’essentiel pour consacrer son attention » à ce que Le Nouvelliste qualifie de « petite bataille politique ».

Et sur ce terrain aussi, la situation est pour le moins minée : un Premier ministre par intérim, Ariel Henry, qui propose un accord de sortie de crise et tente de le faire signer par un maximum d’acteurs politiques. Alors que ce même chef du gouvernement provisoire est soupçonné de liens avec l’un des principaux suspects dans l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Un dialogue national possible ?

Le quotidien Le National se veut aujourd’hui plutôt optimiste quand il écrit : « La cérémonie de signature d’une entente politique organisée le samedi 11 septembre en la résidence du Premier ministre revêt une importance historique. Les observateurs étaient sceptiques tout le week-end sur les capacités réelles de la classe politique à s’entendre sur un quelconque accord. Ils l’ont finalement fait. Les forces politiques et la société civile semblent vouloir envoyer un message fort au monde que le dialogue national est possible », constate le journal.

« Les factions politiques ne peuvent plus continuer dans un pays en état de catastrophe à jouer à la roulette russe avec le destin tragique d’un peuple. Les Haïtiens ne sont pas intéressés à savoir quel est le texte d’accord le plus “vertueux”, mais quelles sont les bonnes volontés qui le sortiront de l’impasse. »

« Rétablir un minimum de confiance dans les institutions »

Dans une tribune publiée ce matin par Le Nouvelliste, l’écrivain Lyonel Trouillot, défend un tout autre point de vue. L’auteur fustige ces politiques qui contrarient « toute démarche démocratique » parce qu’elle « ne leur assure ni visibilité ni possibilité de cooptation. Si démocrate on est, la priorité est de travailler à établir les conditions pour la tenue de véritables élections », estime Lyonel Trouillot.

Pour lui, « cela implique de rétablir un minimum de confiance dans les institutions. Cela implique un pouvoir de transition jouissant d’un minimum de crédibilité et né d’un large consensus démocratique. Si, “leader” politique on est », poursuit encore l’écrivain, « on ne peut passer son temps à n’agir qu’en fonction de ce que l’on peut gagner durant cette période intermédiaire comme influence et pouvoir, en plaçant des pions à des postes, ou en contrôlant les organes de la transition pour la défense de ses intérêts personnels ou de clans. » Et Lyonel Trouillot de conclure sur cette mise en garde sévère : « Il y a des gens qui veulent gagner la transition. Justement parce qu’ils n’ont pas d’offre politique. Mais quoi qu’ils fassent, il faudra bien qu’un jour ce pays aille à de véritables élections. »

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