États-Unis: Biden en Californie pour soutenir le gouverneur démocrate menacé de révocation

Joe Biden venu soutenir le gouverneur démocrate Gavin Newsom le 12 septembre 2021 à Long Beach, en Californie.
Joe Biden venu soutenir le gouverneur démocrate Gavin Newsom le 12 septembre 2021 à Long Beach, en Californie. Getty Images via AFP - DAVID MCNEW

Le président américain était en Californie ce lundi 13 septembre pour soutenir le gouverneur démocrate de l’État Gavin Newsom. Ce mardi 14 septembre, les Californiens votent pour décider s’ils le révoquent. Face à cette possibilité, le locataire de la Maison Blanche a choisi de nationaliser le scrutin.

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Avec notre correspondant à Washington et notre envoyé spécial à Long Beach, Guillaume Naudin et Loic Pialat

Il n’a pas parlé longtemps, mais il a parlé clairement. Sans jamais prononcer le nom de Larry Elder, Joe Biden dresse un portrait au vitriol du principal adversaire de Gavin Newsom.

« Un gouverneur républicain bloquant le progrès contre le coronavirus, qui est aussi contre les femmes et contre les travailleurs, climatosceptique, qui ne croit pas au libre choix, a martelé le président américain. Le choix, il devrait être absolument clair : Gavin Newsom. Avec Gavin, vous avez un gouverneur pour vous assurer que la politique sombre, clivante et destructrice de Donald Trump ne trouve jamais sa place en Californie. »

Battre le trumpisme

C’est que le principal candidat républicain reprend les arguments de Donald Trump, notamment sur le trucage de l’élection. Et pour Gavin Newsom, c’est du pareil au même.

« Nous avons peut-être battu Donald Trump, mais nous n’avons pas battu le trumpisme, a prévenu le gouverneur démocrate. Le trumpisme est sur les bulletins en Californie. Et c’est pour cela que c’est si important. Pas seulement pour nous, les 40 millions d’habitants de l’État le plus grand et le plus peuplé, mais aussi pour envoyer un message dans tous les États-Unis d’Amérique. »

Un recall qui inquiète cet État progressiste

À Long Beach, le contraste est saisissant. Dans la file d’attente pour assister au meeting, il n’y a quasiment que des gens masqués alors que de l’autre côté de la rue, des supporters bruyants de Donald Trump n’en portent pas.

David est venu soutenir son gouverneur, conscient que ce recall, un scrutin local, a un écho national: « Ah tout le pays en parle. C’est à cause du port du masque. D’autres États n’aiment pas qu’on porte un masque, tout comme les obligations ou les restrictions… »

Joe Biden, comme sa vice-présidente Kamala Harris la semaine dernière, ont fait le déplacement en Californie car les démocrates savent qu'ils ne peuvent pas se permettre de perdre l’État le plus riche et le plus peuplé de l’Union.

Même si le Golden State est profondément progressiste, la mobilisation des républicains inquiète Tracy, sympathisante de Gavin Nessom: « Je suis relativement confiante, mais j’ai vu des choses se passer. Je pensais que Trump ne pourrait jamais être élu et regardez…Et maintenant, je suis surprise de voir autant de ses sympathisants ici. »

Joe Liberty - il ne veut pas donner son vrai nom - déambule en brandissant une pancarte « Recall Gavin Newsom ». Il s’oppose à l’obligation vaccinale: « Nos libertés fondamentales sont violées par un gouvernement qui va trop loin. Il nous faut quelqu’un qui peut protéger notre droit inaliénable à disposer de notre corps. »

Le vote de recall

Ce mardi, les Californiens sont donc amenés à se prononcer simultanément sur la fin anticipée du mandat de leur gouverneur et à voter pour son éventuel remplaçant. C’est la quatrième fois qu’un tel référendum est organisé dans cet État. La Californie autorise ses électeurs mécontents à organiser ce que l’on appelle un scrutin de rappel pour remplacer le gouverneur en place. Si cette initiative obtient au moins 12% de signatures des électeurs ayant voté à la précédente élection, un référendum de révocation est alors organisé.

Un processus auquel les Californiens sont habitués puisque tous les gouverneurs en place ces cinquante dernières années ont dû faire face à cette initiative qui habituellement se solde par un échec.

Une fois le référendum entériné, les électeurs doivent répondre à deux questions. La première est: Gavin Newsome, le gouverneur californien, doit-il être révoqué ? Si le « non » l’emporte avec plus de 50%, Gavin Newsome conserve son poste. Mais si la situation s’inverse, la seconde question entre en jeu, à savoir: qui pour le remplacer ? Et cette année, 46 candidats se sont déclarés, la plupart républicains. Le parti démocrate a quant à lui choisi de ne pas présenter de candidat afin d’éviter la confusion auprès de ses électeurs.

Dans cet État acquis aux démocrates, il ne devrait pas y avoir de surprise. Les derniers sondages sont plutôt favorables à Gavin Newsom, dont le mandat s’achève normalement en 2023. Mais en 2003, c’est par la même procédure de révocation qu’Arnold Schwarzenegger était devenu le dernier gouverneur républicain de Californie.

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