Au Texas, un gynécologue admet avoir violé la loi en faisant avorter une femme

Des manifestants pro-avortement arpentent les rues d'Edimbourg au Texas en direction de l'Hôtel de ville, le 1er septembre 2021, alors que la nouvelle loi sur l'IVG entre en vigueur.
Des manifestants pro-avortement arpentent les rues d'Edimbourg au Texas en direction de l'Hôtel de ville, le 1er septembre 2021, alors que la nouvelle loi sur l'IVG entre en vigueur. © AP/The Monitor/Joel Martinez

Le docteur Alan Braid, gynécologue obstétricien américain, a déclaré publiquement dans une tribune du « Washington Post » avoir pratiqué une interruption volontaire de grossesse, en violation avec la récente loi passée au Texas.

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« Pour moi, c'est comme si nous étions revenus en 1972 », écrit Alan Braid, médecin depuis 45 ans à San Antonio, dans le sud du Texas. À l'époque, il est jeune interne en gynécologie obstétrique et l'avortement est illégal. Il se souvient de ces trois adolescentes décédées suite à des avortements clandestins, dont une, arrivée à l'hôpital le vagin rempli de chiffons qui mourra d'une infection sceptique. 

C'est ainsi que commence la tribune du docteur Braid, qui admet avoir pratiqué un avortement le 6 septembre dernier et s'expose ainsi à au moins 10 000 dollars d'amende, depuis le passage de la loi SB 8.

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 80% d'avortements en moins depuis la nouvelle loi

Sa clinique a dû réduire de 80% les avortements puisqu'il est désormais interdit d'interrompre une grossesse au-delà de six semaines. Assez tôt pour entendre un battement de cœur, trop tôt pour que la plupart des femmes se rendent compte qu'elles sont enceintes. 

« Les femmes qui viennent nous voir ont des raisons légitimes de vouloir avorter », dit-il : trop jeunes, en difficulté financières ou victimes de viols. Beaucoup sont déjà mères.

Les deux cliniques dans lesquelles travaille le docteur Braid ont attaqué en justice la nouvelle loi texane, tout comme le ministère de la Justice, qui cherche à obtenir son annulation. 

Afflux dans les États voisins

La Cour suprême a pour l'heure refusé de bloquer cette loi entrée en vigueur le 1er septembre dans ce vaste État conservateur. Depuis, les personnels médicaux des États voisins constatent un afflux de femmes désespérées dans leurs cliniques : une mineure violée, une femme battue, une patiente portant un fœtus non viable...

Du 1er au 12 septembre, sa clinique de Tulsa, dans l'Oklahama, a interrompu la grossesse de 69 Texanes et 240 autres ont déjà pris des rendez-vous pour les semaines suivantes, assure Joshua Yap, médecin pour l'organisation Planned Parenthood. Et les délais d'attente s'allongent.

Depuis le 1er septembre, l'organisation Fund Texas Choice, qui apporte une aide logistique aux femmes voulant avorter, a vu le nombre d'appels passer de dix par semaine à plus de dix par jour. Des rendez-vous sont pris dans des cliniques de plus en plus éloignés du Texas, jusqu'à Seattle, au nord-ouest des États-Unis, selon l'organisation.

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