Revue de presse des Amériques

À la Une: la nouvelle victoire de Justin Trudeau au Canada

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau salue ses partisans venus le féliciter pour sa victoire, le 21 septembre 2021 au siège de son parti à Montréal.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau salue ses partisans venus le féliciter pour sa victoire, le 21 septembre 2021 au siège de son parti à Montréal. © AP/The Canadian Press/Paul Chiasson
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À voir la Une des journaux canadiens, cette victoire n’en est pas vraiment une : « Le surplace de Trudeau », titre Le Devoir, alors que pour La Presse, c’est carrément « Le début de la fin de l’ère Trudeau ». Car, affirme Le Devoir, le Premier ministre canadien « a raté son pari. S’il a réussi à décrocher un troisième mandat, il a échoué à remporter la majorité espérée ». Pourquoi ? Peut-être un début de réponse du côté de La Presse : « Les libéraux de Justin Trudeau ne sont sans doute pas les premiers qui aient tenté de profiter d’une avance dans les sondages pour gagner plus de pouvoir, mais dans le contexte d’une nouvelle tradition d’élections à date fixe, tous les quatre ans, dans le contexte d’une pandémie qui s’étire, il ne devrait pas être acceptable qu’un gouvernement dissolve le Parlement à des fins purement partisanes. » Et tout cela, souligne Le Devoir, « aura tout de même coûté 612 millions de dollars aux contribuables ».

Bref, estime The Toronto Star, « Justin Trudeau est toujours Premier ministre, mais plus le même qu’après les campagnes de 2015 et 2019 ». Pour le journal anglophone, « un gouvernement minoritaire, ça peut être vu comme un simple coup de déveine. Deux gouvernements minoritaires sur trois tentatives, cela peut être un signe fort que les Canadiens veulent que le pouvoir de ce Premier ministre soit sous surveillance ». Et « déjà, en coulisse, des stratèges libéraux commencent à évoquer l’après-Justin Trudeau », croit savoir La Presse. « Oubliez son sourire charismatique, son ton solennel et ses invitations à une conversation renouvelée avec les Canadiens. C’est possiblement le début d’une période de grande turbulence pour lui », prédit de son côté Le Devoir.

Un examen de conscience

À en croire la presse canadienne, Justin Trudeau n’est pourtant pas le seul à devoir mener un examen de conscience : c’est le cas également du chef du Parti conservateur Erin O’Toole aussi, même si pour The National Post, « il n’a pas failli dans les derniers jours avant le vote », en fait c’est « la campagne autour de lui qui a semblé perdre de son élan ». Mais pour Le Devoir, plus direct, il a surtout voulu « plaire davantage aux électeurs du Québec et de l’Ontario », et a, détaille La Presse, « imposé un virage centriste à son parti sur des enjeux tels que la lutte contre les changements climatiques, l’avortement et le retour à l’équilibre budgétaire ».

C’est un échec, et pour le journal Erin O’Toole « risque donc d’essuyer des critiques d’une frange de sa base, notamment dans l’ouest ». Enfin, The Toronto Star estime que cette élection « amène aux portes du Canada un monde politique extrêmement polarisé (...) familier des États-Unis depuis une dizaine d’années : tout le monde vote en se basant sur la peur et la détestation et personne n’obtient ce qu’il veut vraiment ».

Des Haïtiens chassés par des agents de l’immigration américains montés sur des chevaux

Des images « horribles », reconnaît la Maison Blanche, dont les propos sont repris par USA Today. On y voit des agents de la patrouille des frontières à cheval, chassant des migrants haïtiens près du Rio Grande, au Texas. Une image a particulièrement choqué : celle d’un « agent brandissant ce qui semblait être un fouet ou une corde et chargeant avec son cheval les gens dans la rivière ». Dans The Arizona Republic, le journal de Phoenix, Elvia Diaz s’exclame : « Est-ce vraiment cela, les États-Unis ? » Et l’éditorialiste de se demander si « cela arrive vraiment sous un président démocrate qui a promis des méthodes d’immigration plus humaines, après que son prédécesseur a enfermé des enfants migrants dans des cages et fermé la frontière entre les États-Unis et le Mexique aux demandeurs d’asile ». Pour The Washington Post, « cet épisode » est en fait « un concentré des dysfonctionnements de la politique d’immigration de Washington, modifiée, dans certains cas pour le pire, par le message incongru de l’administration Biden ».

Car, rappelle le journal, Joe Biden a accueilli cette année – tout en leur demandant de ne pas franchir la frontière illégalement, « des dizaines de milliers de familles d’Amérique centrale avec des enfants ». Ce qui a été compris par les Haïtiens et d’autres migrants comme une invitation à tenter leur chance. « On peut se demander pourquoi », s’étonne The Washington Post, « les migrants haïtiens, virtuellement tous noirs, sont expulsés à une échelle qui n’est pas la même que celle des habitants d’Amérique centrale, à la peau plus claire. »

Et The New York Times, qui annonce que le gouvernement Biden compte augmenter le plafond de l’accueil des réfugiés à 125 000 à partir du 1er octobre, précise qu’il y a peu de chances que cette décision concerne les Afghans qui ont fui leur pays après la victoire des talibans ou les Haïtiens actuellement à la frontière : « Aucune des personnes appartenant à ces groupes n’est officiellement considérée comme réfugiée ».

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