Le sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires fait déjà grincer des dents

Récolte du blé dans la province du Hebei, en Chine, le 11 juin 2021. (Image d'illustration).
Récolte du blé dans la province du Hebei, en Chine, le 11 juin 2021. (Image d'illustration). REUTERS

Près de 20 ans après le dernier sommet sur l'alimentation de l'ONU, c’est l'ouverture ce jeudi 23 septembre du sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires à New York. En toile de fond, un des enjeux immenses : les systèmes alimentaires sont jugés responsables d'environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et la faim continue de progresser dans le monde. Plus de 85 chefs d'État et de gouvernement devraient participer à ce sommet en virtuel. Certaines ONG et des scientifiques critiquent les modalités d'organisation de ce sommet, les jugeant « opaques ». Ils redoutent que les pistes retenues ne fassent la part belle à « l'agrobusiness » au détriment de l'agriculture paysanne.

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Dix-huit mois de préparation et un programme ambitieux, puisqu'il s'agit de s'interroger sur la façon dont la nourriture est produite dans le monde ainsi que sur les inégalités qui en découlent. Pour la première fois, la totalité de la chaîne alimentaire est représentée, des producteurs aux distributeurs, en passant par les industries alimentaires, ou encore les fabricants d'intrants. Ça, c'est ce qui est sur le papier.

Un sommet en partenariat avec Davos

Dans la réalité, les choses sont plus polémiques. Certaines ONG dénoncent l’invisibilité de la société civile et des petits producteurs et l'omniprésence des multinationales. Et pour cause, c'est la première fois qu'un sommet de l'ONU sur l'alimentation n'est pas initié par les États, mais est issu d'un partenariat avec le forum économique de Davos. Le mélange des genres fait grincer des dents.

Pauline Verrière (Action contre la faim): «Les multinationales agroalimentaires ont une très forte présence dans ce débat»

Des appels ont aussi été lancés pour révoquer l'envoyée spéciale nommée par l'ONU, Agnes Kalibata, ancienne ministre de l'Agriculture rwandaise et présidente d'une coalition créée par la fondation Bill et Melinda Gates et la Rockfeller Foundation. Elle serait susceptible d'orienter les débats en faveur de l'agro-industrie, ce dont elle se défend.

La question des droits de l'homme est également un autre sujet de discorde, puisqu'elle a été rajoutée au dernier moment. Les organisations paysannes et des scientifiques ont même demandé à la France de se retirer de l'évènement.

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