Sommet sur le Covid-19 en marge de l’AG de l’ONU: comment changer de paradigme?

Vaccination contre le Covid-19 avec le vaccin chinois Sinopharm à Colombo, au Sri Lanka, le 21 septembre 2021.
Vaccination contre le Covid-19 avec le vaccin chinois Sinopharm à Colombo, au Sri Lanka, le 21 septembre 2021. AFP - ISHARA S. KODIKARA

Ce mercredi 22 septembre doit se tenir un sommet virtuel de la vaccination dans le cadre de la 76e Assemblée générale des Nations unies. À l’origine une idée de l’ONU, l’administration Biden a tenu à la récupérer : les États-Unis devraient ainsi demander aux 193 pays des engagements sur des objectifs de vaccination des populations contre le Covid-19 à tenir pour septembre prochain. 

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Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

Alors que le Covid-19 a fait plus de 600 000 victimes aux États-Unis, Joe Biden veut résorber la pandémie aux quatre coins du globe. Comment ? En résolvant la crise de l’oxygène, en multipliant les tests et en développant plus de traitements. Le tout à une échelle globale pour essayer de gommer les disparités.

Son objectif de vaccination est également ambitieux : le président américain voudrait que 70% de la population mondiale soit vaccinée en septembre prochain. Un chiffre qui ne tient certainement pas compte des récalcitrants. Pour Rachel Cohen, la directrice régionale de l’ONG DNDi, qui développe les traitements de maladies négligées dans les pays en développement, il faudra un changement de paradigme majeur.

 À lire aussi : Covid-19: l'OMS appelle à un moratoire sur les rappels de vaccins

« Approche monopolistique de la production »

« Il ne sera pas possible d’atteindre ces objectifs, à moins qu’il n’y ait une vraie augmentation des capacités de production partout dans le monde, souligne-t-elle. Pendant cette pandémie, on a créé un état de rareté artificielle, parce que les pays riches ont fait main basse sur les doses, parce que les laboratoires ont voulu garder la main sur leur savoir et leur production. Nous avons besoin de 14 milliards de doses. Nous n’allons certainement pas y arriver à cause de notre approche monopolistique, concentrée, de la production. »

Parmi les mesures discutées au sommet de ce mercredi, la réallocation systématisée des doses en trop des pays développés vers les pays en développement, et la suppression d'une clause de propriété intellectuelle des règles de l’OMC pour permettre des transferts de technologie de la production du vaccin.

► À lire également : Vaccins: Amnesty International accuse les laboratoires de délaisser les pays pauvres

Seulement 3 à 4% des populations africaines vaccinées

Les scientifiques de l'OMS sont inquiets. Ils craignent une résurgence brutale de l'épidémie dans les mois qui viennent, avec les rassemblements lors des fêtes de fin d'année. D'autant plus que les populations d'Afrique sont pour l'heure très peu vaccinées : 3 à 4% ont reçu une première dose, contre 60% dans les pays riches qui en sont déjà à leur troisième injection. Certains pays n'ont même pas commencé la campagne de vaccination anti-covid.

Plus que la réticence des populations au vaccin, c'est le retard des livraisons à l'Afrique qui est en cause : il manque 500 millions de doses au dispositif Covax pour qu'il atteigne son objectif, à savoir vacciner 40% de la population africaine d'ici la fin de l'année.

L’Afrique a recensé 8 millions de cas de Covid-19 et 200 000 morts depuis le début de l'épidémie, respectivement 8 et 6 fois moins qu'en Europe. Si le nombre de nouveaux cas baisse depuis quatre semaines à l'échelle du continent, ce ralentissement est beaucoup plus lent que lors de la première vague, et on dénombre encore en une semaine 110 000 nouveaux cas et 3 000 morts dus au coronavirus, principalement en Afrique du sud, au Maroc, en Libye, en Tunisie et en Ethiopie. 16 pays sont par ailleurs en pleine troisième vague et les cas sont en augmentation en Angola, au Bénin, ou en Côte d'Ivoire.

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