Migrants haïtiens bloqués à la frontière américaine: Washington souffle le chaud et le froid

Migrants haïtiens à Ciudad Acuña, au Mexique, le 22 septembre 2021.
Migrants haïtiens à Ciudad Acuña, au Mexique, le 22 septembre 2021. AP - Fernando Llano

Cette nouvelle vague de migration a été déclenchée après que Washington a prolongé le statut de protection temporaire pour les Haïtiens présents aux États-Unis avant le 29 juillet. Des images de la police aux frontières repoussant, à cheval, des migrants haïtiens à Del Rio, au Texas, ont fait le tour du monde et choqué jusqu'aux proches alliés du président Biden.

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L'administration américaine, déjà confrontée à l’arrivée de migrants d'Amérique centrale, souffle le chaud et le froid dans cette nouvelle crise migratoire, entre expulsions et libérations.

Malgré la fermeté affichée, le département de la Sécurité intérieure semble avoir libéré aux États-Unis un certain nombre de migrants, avec un ordre de comparution sous 60 jours. D'autres, plusieurs centaines, continuent à être expulsés en vertu d'une autorisation liée à la pandémie qui prive ces migrants de la possibilité de demander l'asile.

Une source gouvernementale américaine évoque 7 vols quotidiens vers Haïti depuis ce mercredi, un pays pourtant plongé dans une grave crise politique, sécuritaire et humanitaire. Politique « incompatible avec les normes internationales », déclarait sur RFI le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. D'autant plus que les critères qui permettent de décider qui est expulsé et qui est relâché ne sont pas dévoilés.

Une situation insupportable pour l'émissaire américain en Haïti. Dénonçant des expulsions « inhumaines », Daniel Foote a démissionné, jetant un pavé de plus dans la marre. « Je ne m'associerai pas à la décision inhumaine et contreproductive des États-Unis d'expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d'immigrants illégaux en Haïti, un pays où nos fonctionnaires sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger que représentent les gangs armés contrôlant la vie quotidienne », assène-t-il dans sa lettre de démission datée de ce mercredi 22 septembre et adressée au secrétaire d'État Antony Blinken.

Des transferts vers Guantanamo

Des sources citées par l'agence AP expliquent que l’administration est plus susceptible de laisser entrer sur le territoire des personnes considérées comme vulnérables, comme les femmes enceintes et les familles avec de jeunes enfants. La petite ville de Del Rio, au Texas, a accueilli le week-end dernier jusqu’à plus de 14 000 migrants. Certains ont été transférés vers d'autres villes le long de la frontière du Texas, d’autres en Arizona où ils ont été remis à la police des frontières. 

Face à cet afflux soudain, les États-Unis envisageraient, selon la presse locale, de transférer certaines personnes à Guantanamo. Ce ne serait pas la première fois : des boat-people haïtiens y avaient déjà été placés dans des centres de rétention au début des années 1990.

À lire aussi : À la Une: Biden et gouvernement haïtien sous pression dans l'affaire des migrants refoulés à la frontière

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