Pensionnats autochtones au Canada: l'Église catholique présente ses excuses pour les abus

Un mémorial en hommage aux enfants victimes de l'ancien pensionnat pour autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique, le 15 juillet 2021.
Un mémorial en hommage aux enfants victimes de l'ancien pensionnat pour autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique, le 15 juillet 2021. AP - DARRYL DYCK

Les évêques catholiques du Canada ont présenté, vendredi 24 septembre, des excuses formelles et « sans équivoque » aux peuples autochtones après la découverte, ces derniers mois, de plus d'un millier de tombes près d'anciens pensionnats. Ces excuses interviennent avant la première journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre.

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Le scandale secoue le Canada depuis fin mai et une première découverte macabre. En Colombie-Britannique, à l'extrême ouest du pays, sous le site d'un ancien pensionnat, les restes d'au moins 215 enfants ont été retrouvés. Ils étaient membres de la communauté autochtone et s'étaient retrouvés dans ces pensionnats créés pour assimiler ces peuples à la société dominante. Depuis cette première découverte, d'autres tombes dans d'autres pensionnats ont été retrouvées tout au long de l'été. Au total, on compte plus d'un millier de tombes d'enfants autochtones.

Dans un communiqué publié vendredi, les évêques catholiques du Canada font leur mea culpa. « Nous, les évêques catholiques du Canada, nous exprimons notre profond remords et nous présentons des excuses sans équivoque », indiquent-ils. Ils ont également reconnu « la souffrance vécue dans les pensionnats » et les « graves abus qui ont été commis par certains membres » de la communauté catholique dans ces pensionnats.

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« De nombreuses communautés religieuses et des diocèses catholiques ont servi dans ce système qui a conduit à la suppression des langues, de la culture et de la spiritualité autochtones, sans respecter la richesse de l'histoire, des traditions et de la sagesse des peuples autochtones », poursuivent les évêques catholiques du Canada, qui admettent un « traumatisme historique et continu ».

Début juin, le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait fait part de son désir « que l'Église catholique reconnaisse sa responsabilité, sa part de culpabilité ». Selon le chef du gouvernement, il s'agissait d'une des « étapes de guérison » de cette page sombre de l'histoire du Canada. Il avait aussi déploré le silence du pape François à ce sujet. Entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, quelque 150 000 enfants amérindiens, inuits et métis ont été arrachés à leurs familles et enrôlés de force dans 139 pensionnats. Avec donc, dans certains cas, de terribles abus physiques et sexuels.

Le 30 septembre aura lieu la première journée nationale de la vérité et de la réconciliation, en hommage aux enfants disparus et aux survivants des pensionnats.

(Avec AFP)

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