Au Mexique, l'aide aux migrants haïtiens s'organise sur les réseaux sociaux

A United States Border Patrol agent on horseback uses his reins as he tries to stop Haitian migrants from entering an encampment on the banks of the Rio Grande near the Acuna Del Rio International Bridge in Del Rio, Texas
A United States Border Patrol agent on horseback uses his reins as he tries to stop Haitian migrants from entering an encampment on the banks of the Rio Grande near the Acuna Del Rio International Bridge in Del Rio, Texas PAUL RATJE AFP

Quelques semaines après le violent séisme qui a dévasté l’île, et en pleine crise sanitaire et politique, des milliers de Haïtiens ont fui leur pays pour rejoindre le continent américain. Sur la route vers le nord jusqu’aux États-Unis, le Mexique est un passage obligé, et c’est aussi l’étape la plus difficile. Alors que l’affluence des migrants haïtiens continue de grandir dans les villes du pays, cette nouvelle crise migratoire fait réagir sur les réseaux sociaux.

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Avec notre correspondante à Mexico,

Les Mexicains se sont émus comme beaucoup des images qui ont circulé partout dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux. Elles montrent les conditions déplorables dans lesquelles se trouvent des centaines d'Haïtiens dans la ville d’Acuña, juste en face de la frontière avec le Texas.

On les voit traverser le fleuve Rio Grande à pied, mais une fois sur le sol américain, ils courent le risque de se faire expulser. Le témoignage d’une femme haïtienne a beaucoup circulé sur Facebook. Il s’agit d’une migrante qui raconte qu’elle n’avait plus de nouvelles de son mari parti chercher de la nourriture. On lui annonce quelques jours plus tard qu’il a été arrêté et emmené dans un avion au sud du Mexique, à la frontière avec le Guatemala.

Des appels à solidarité

La capitale a vu exploser le nombre de demandeurs d’asile haïtiens. Là aussi, l’aide s’organise sur les réseaux sociaux avec les habitants. Beaucoup de messages invitent à faire preuve de solidarité sur Twitter. Il s'agit souvent d’une aide de première urgence, des demandes de dons pour de la nourriture, des vêtements, des produits d’hygiène pour bébés. Un refuge tweete pour prévenir qu’il est saturé et qu’il n'a plus de place. D'autres demandent à ceux qui peuvent, d’héberger une personne ou une famille. Et puis il y a des récits d’habitants de Mexico qui apportent eux même des vivres ou des biens aux migrants regroupés dans la rue invitent tout leur réseau à faire pareil.

D’ailleurs sur Facebook, une internaute s’est filmée devant la Commission mexicaine d’aide aux réfugiés pendant qu’elle venait soutenir les Haïtiens qui faisait la queue. Et elle a partagé son agacement : « voyez qui vient aider les migrants, la ville ne fait rien ». Et puis, il y a eu beaucoup de réactions agacées sur Twitter après l’annonce de la maire de Mexico de ne pas ouvrir de refuges supplémentaires sous prétexte que les Haïtiens n’allaient pas rester.

Une attention médiatique qui agace certains

Le Mexique a une tradition de terre d’accueil pour les réfugiés. C’est dans ce sens que sur Twitter, on a vu des personnes qui parlent le français proposer leurs services pour aider les Haïtiens à faire leur papier en espagnol. Mais c’est vrai que dans quelques réactions, on ressent une certaine d’amertume. Sur Facebook une femme commente une vidéo en disant : « on leur donne une maison à eux, mais ici aussi des familles mexicaines sont dans la rue ». D’autres internautes répondent que les médias sont concentrés sur cette crise migratoire haïtienne et regrettent que la même attention ne soit pas donnée pour les autres personnes qui sont aussi en détresse au Mexique.

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