Canada: un jour férié en hommage aux enfants martyrs des pensionnats pour autochtones

Justin Trudeau a invité les Canadiens à reconnaître « les terribles erreurs » du passé à l'égard des Autochtones.
Justin Trudeau a invité les Canadiens à reconnaître « les terribles erreurs » du passé à l'égard des Autochtones. Getty Images - Lintao Zhang

Ce 30 septembre, plusieurs provinces canadiennes expérimentent un nouveau jour férié, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Une façon de se souvenir des milliers d’enfants autochtones scolarisés de force dans des pensionnats à travers le pays pendant un siècle, jusqu’au début des années 1980, qui ne sont jamais rentrés chez eux. Et de tous les autres, traumatisés par leur séjour dans ces institutions qui cherchaient à détruire leur culture. 

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La découverte de tombes d’enfants non identifiées sur les sites d'anciens pensionnats autochtones a éveillé bon nombre de Canadiens à cette réalité longtemps passée sous silence, rapporte notre correspondante à Québec, Pascale Guéricolas 

« On est sortis de l’indifférence, analyse Édith Clouthier, qui dirige le Centre d'amitié autochtone à Val d'Or. On est ailleurs, mais cet ailleurs là doit nous pousser encore plus loin comme société, [jusqu'à] éliminer les écarts, les injustices, la discrimination, le racisme qui existent envers les Autochtones. »

Le gouvernement du Québec met d’ailleurs en place des mesures pour mieux accueillir les Premières Nations dans le réseau de santé, un an à peine après le tragique décès d’une mère de famille autochtone dans un hôpital, alors qu’une infirmière l’insultait.

De son côté, l’association des évêques du Canada a présenté ses excuses pour les mauvais traitements infligés aux enfants dans les pensionnats. Mais un peu en catimini, selon Michèle Audette, sénatrice d’origine innue : « Cela aurait été quoi de nous rassembler dans nos régions respectives, de dire 'allez leur dire, au nom de l'entité religieuse, allez leur faire des excuses' ? Cela n'a pas été le cas. »

Appel de Justin Trudeau 

Le Premier ministre Justin Trudeau a quant à lui invité les Canadiens à reconnaître « les terribles erreurs » du passé dans un discours tenus aux côtés d'Autochtones, dans la soirée du mercredi 29 septembre, veille de cette première Journée de la vérité et de la réconciliation.

Prenant la parole à Ottawa devant la tour de la Paix illuminée pour l'occasion en orange - couleur qui représente la solidarité envers les autochtones - Justin Trudeau a affirmé qu'il n'était « pas facile d'entendre que c'est ça l'histoire de notre pays », faisant référence aux témoignages des survivants des pensionnats, qui l'ont précédé.

Cet appel de Justin Trudeau à reconnaître les torts causés aux autochtones survient la même journée où le gouvernement canadien a été débouté par la Cour fédérale dans le dossier de l'indemnisation des enfants autochtones arrachés de leur famille.

En 2019, le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) a ordonné à Otttawa de verser une compensation de 40 000 dollars canadiens à chacun des milliers d'enfants des Premières Nations retirés de la garde de leurs parents et placés dans le système de protection de l'enfance après 2006.

Le gouvernement de Justin Trudeau demandait à ce que ces décisions du TCDP soient annulées, ce que le tribunal a rejeté dans un jugement rendu mercredi 29 septembre.

S’ils se réjouissent de cette première journée nationale, de nombreux autochtones se demandent si la réconciliation deviendra un jour une réalité. 

(et avec AFP)

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