Le «Truth Social» de Donald Trump affole Wall Street

Une application pour mobile intitulée « Truth Social » est bien disponible en précommande sur l'App Store de la firme Apple, mais impossible de savoir si elle est gratuite ou payante.
Une application pour mobile intitulée « Truth Social » est bien disponible en précommande sur l'App Store de la firme Apple, mais impossible de savoir si elle est gratuite ou payante. Chris DELMAS AFP

Un peu moins d’un an après avoir été banni de Facebook et Twitter, Donald Trump s’apprête à lancer son propre réseau social dénommé « Truth Social ». Le groupe Trump Media and Technology, qui doit permettre au réseau social de l’ex-président des États-Unis d’entrer en Bourse, connaît actuellement une ascension fulgurante à Wall Street.

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« I’ll be back ! » (« Je reviendrai ! »), promettait à la façon d’un Terminator en phase de démantèlement l’ancien locataire de la Maison Blanche, furieux de son exclusion de la plupart des réseaux sociaux de la planète web. Mais, banni des plates-formes Twitter et Facebook, l'ex-président américain a décidé de se venger en lançant son propre réseau social intitulé le «Truth Social », soit le réseau social de la vérité, en français. Cette plate-forme permettrait de « résister à la tyrannie des géants des technologies » qui ont « utilisé leur pouvoir pour réduire au silence les voix dissidentes en Amérique », déclarait-il dans un communiqué, la semaine dernière.

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Une astuce boursière

Mais à peine annoncé, le futur réseau « Truth Social » déchaîne les passions des investisseurs à la Bourse de Wall Street. Afin de financer la Trump Media and Technology Group, l’entreprise chargée de développer ce nouveau réseau social, Donald Trump a eu recours à une astuce boursière en vogue dans les milieux financiers. En passant notamment par un Spac dont le sigle signifie « Special Purpose Acquisition Companies ».

Ces entreprises virtuelles et déjà cotées sont des coquilles vides créées de toute pièce par des stars de la Bourse. Elles proposent à des investisseurs de financer, par leur intermédiaire, une société à fort potentiel dans le domaine du numérique. Pour les séduire, ces sociétés spéculatives annoncent leur fusion imminente avec l’entreprise pour laquelle elles lèvent des liquidités en vendant des actions. Appâtés par la promesse de gains rapides, les investisseurs, qui n’ont aucune visibilité sur l’objet de leur mise, signent alors un véritable chèque en blanc.

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Un coup de poker qui a été particulièrement profitable au projet « Truth Social », car l’action du Spac appelé Digital World Acquisition Corp, qui œuvrait en sous-main pour le compte de la nouvelle entreprise chargée d’administrer le réseau social de Donald Trump, s’est envolée de 740% en deux séances boursières seulement courant septembre, et levé ainsi près de 300 millions de dollars.  

Les difficultés de l'entreprise Trump

Mais lever des fonds pour créer un nouveau réseau social ne suffit peut-être pas à garantir son succès. Le communiqué du lancement général de la plate-forme, qui est prévu en 2022, ne fait état d'aucune précision concernant son modèle économique. Par ailleurs, une application pour mobile intitulée « Truth Social » est bien disponible en précommande sur l'App Store de la firme Apple, mais impossible de savoir si elle est gratuite ou payante.

Alors que la version test de l’application a été annoncée comme accessible à certains « invités » privilégiés dès ce mois de novembre, le site qui hébergeait le programme a été piraté moins de deux heures après sa mise en ligne. Et les difficultés s’amoncellent pour l'entreprise Trump, principalement du côté financier, car deux investisseurs majeurs du projet « Truth Social » viennent de déclarer forfait, ne désirant pas que leurs noms soient associés à celui de l’ex-président américain. 

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