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Colombie / Politique

Présidentielle : dernière ligne droite en Colombie avant le verdict des urnes dimanche

Antanas Mockus (G) et Juan Manuel Santos (D), les deux candidats à la présidentielle en Colombie, avant le débat sur une chaîne de télévision locale à Bogota, le 17 juin 2010.
Antanas Mockus (G) et Juan Manuel Santos (D), les deux candidats à la présidentielle en Colombie, avant le débat sur une chaîne de télévision locale à Bogota, le 17 juin 2010. Photo : John Vizcaino / Reuters

En Colombie les deux candidats en lice pour le deuxième tour de l’élection présidentielle ce dimanche 20 juin ont terminé leur campagne respective par un face à face télévisé au soir du jeudi 17 juin 2010. Juan Manuel Santos, dauphin du président sortant Alvaro Uribe, a réitéré sa volonté d’union nationale. Son adversaire, Antanas Mockus, a tenté de faire la différence. Mais les jeux sont quasiment faits.

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Envoyée spéciale en Colombie,

Pour le candidat du Parti Vert, Antanas Mockus, il n’y a pratiquement plus aucune chance de remonter la pente d’ici dimanche prochain. Au premier tour de l’élection présidentielle, Juan Manuel Santos arrivait déjà largement en tête avec 46,6% des voix, et Antanas Mockus loin derrière, avec 21,5% des suffrages. Et depuis, le candidat du Partido de la U, le Parti social d'Union nationale du président Uribe, Juan Manuel Santos, a bien manœuvré pour rallier à lui la plupart des groupes qui avaient été éliminés au premier tour.

Le candidat à l'élection présidentielle colombienne, Juan Manuel Santos.
Le candidat à l'élection présidentielle colombienne, Juan Manuel Santos. REUTERS/John Vizcaino

Nous allons construire l'unité nationale.

Juan Manuel Santos, candidat du Parti U

Juan Manuel Santos appelle tous ceux qui le veulent à l’appuyer dans son initiative d’unité nationale. « Il est temps d’aller au-delà de nos différences et de trouver des points communs sur lesquels bâtir l’avenir de la Colombie », dit-il. Des paroles qui laissent certains sceptiques. Nombreux sont ceux qui craignent l’émergence d’un Etat aux allures totalitaires. « C’est une menace pour la démocratie colombienne », estime ainsi David Soto, bien que cet analyste politique colombien ne croie pas que l’unité autour du candidat conservateur est faite pour durer. « ll n’y a pas de projet national commun. Cette unité ne va donc pas durer. Et c’est à ce moment là que l’opposition aura son rôle à jouer ».

Le candidat Juan Manuel Santos pourra-t-il rassembler autour du thème de l'unité nationale ?

S’il était élu président, Juan Manuel Santos pourrait probablement faire passer beaucoup de ses projets de réformes en octroyant des postes de pouvoir à des partis qui se sont ralliés à lui. Le candidat du Parti U ne cache d’ailleurs pas ses intentions : il veut réformer la justice, faire passer le Parquet du pouvoir judiciaire vers l’exécutif et renforcer les protections octroyées aux militaires.

Tout cela intervient une semaine après la condamnation à trente ans de prison d’un ex-général pour la disparition forcée de 11 personnes en 1985, après une opération contre la guérilla de l’ELN et la reprise du Palais de Justice, et après un grand scandale, celui des «faux positifs» : plus de mille deux cents jeunes de quartiers pauvres ont été tués par l’armée qui les a fait passer pour des guérilleros tombés au combat afin de gonfler ses statistiques.

La libération lundi 14 juin de quatre otages, des militaires, retenus depuis 12 ans par les FARC, est arrivée à point nommé pour redorer l’image d’une armée malmenée par tous ces scandales, sans oublier le scandale des écoutes téléphoniques faites à grande échelle par le DAS, les services de renseignement.

Sur le fond, il s'agit d'un projet à caractère totalitaire

Ivan Cepeda, sénateur du Pôle démocratique

Pour Ivan Cepeda, sénateur du Pôle démocratique élu en mars dernier, cet appel à l’unité nationale est à double tranchant.

Car dans le fond, beaucoup doutent que le Parti Vert soit dans le futur un parti d’opposition. Il pourrait se diluer dans les autres partis. Antanas Mockus a lui-même dit qu’il ne s‘opposerait pas à tout, simplement pour jouer les opposants. Il veut un dialogue constructif.

Les adhérents d’Antanas Mockus veulent encore y croire

Le deuxième tour de l’élection présidentielle a lieu ce dimanche, et certains croient encore qu’Antanas Mockus pourrait l’emporter et bien sûr en premier lieu les militants du Parti Vert. « Nous avons obtenu trois millions deux cent mille votes de gens qui nous font confiance », explique Liliana Caballero, directrice de la campagne d’Antanas Mockus. « Et si simplement chacun d’entre eux obtient deux votes supplémentaires en notre faveur, par exemple parmi les gens qui n’ont pas voté au premier tour, ou ceux qui n’ont pas voté pour nous pour d’autres raisons, et bien dans ce cas, on y arrivera ».

Antanas Mockus lors d'un meeting à Bogotá, le 16 mai  2010.
Antanas Mockus lors d'un meeting à Bogotá, le 16 mai 2010. ©Reuters

Mais certains se demandent si le candidat du Parti Vert n’aurait pas tout simplement dû jeter l’éponge après les résultats du premier tour. Selon de nombreux Colombiens cela aurait évité le gaspillage d’environ 50 millions de dollars.

Ecoutez le témoignage d'Eduardo, un électeur d’Antanas Mockus au premier tour mais qui n’ira pas voter dimanche prochain. 

Cinquante millions de dollars pour ces élections qui n’étaient pas nécessaires ! Ce qui a été joué... c’est fait ! Santos est le futur président !!!

Eduardo

Il sera très difficile pour Antanas Mockus de contrer la stratégie d’unité nationale que Juan Manuel Santos a mise sur pied. On ne sait pas ce que ce dernier a promis aux uns et aux autres pour qu’ils se rallient à lui, notamment le Parti libéral, le Parti conservateur ou encore Cambio Radical. Pour l’instant en tout cas, le favori de l’élection présidentielle, a affirmé n’avoir rien promis hormis la négociation.
 

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