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venezuela / Colombie

Le Venezuela rompt officiellement ses relations diplomatiques avec la Colombie

Le président vénézuélien Hugo Chavez au palais Miraflores à Caracas, le 22 juillet 2010.
Le président vénézuélien Hugo Chavez au palais Miraflores à Caracas, le 22 juillet 2010. Reuters / Jorge Silva
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé jeudi 22 juillet 2010 la rupture des relations diplomatiques avec la Colombie voisine. Une annonce qui intervient peu après que Bogota ait renouvelé ses accusations devant l'Organisation des Etats américains. Pour Bogota, en effet, des chefs de guérillas colombiennes trouvent refuge au Venezuela.

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« Je l'annonce avec une larme dans le coeur : le Venezuela rompt à partir de maintenant toutes ses relations avec le gouvernement colombien », a annoncé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse.

Peu avant, à Washington, se tenait une session spéciale de l'Organisation des Etats américains (OEA). L'ambassadeur colombien y présentait ce que la Colombie tient pour irréfutable, à savoir les « preuves » de la présence de rebelles des FARC sur le territoire vénézuélien.

Pour Chavez, trop c'est trop

Essentiellement des photos de campements de rebelles en territoire vénézuélien. Des campements comme cela, il y en a des dizaines, a martelé l'ambassadeur de Bogota qui a demandé la constitution d'une commission d'enquête internationale.

Pour Hugo Chavez, trop c'est trop.

Je rends responsable le président Uribe... Ce pion de l’impérialisme yankee, a fini isolé en Amérique latine. Il n’a pas réussi à vaincre ni la guérilla, ni les trafiquants de drogue, et le Venezuela est victime de cet échec. J’espère que le nouveau chef d’Etat de Colombie prendra des décisions rationnelles à ce sujet... Nous serons très attentifs, j’ai ordonné l’alerte maximum à la frontière, une frontière que nous savons protéger.

Le président du Venezuela Hugo Chavez

Les relations entre les deux pays, après avoir été gelées, sont donc rompues. Les ambassadeurs de Bogota et de Caracas avaient déjà été rappelés pour consultation. Après l'annonce, par Caracas, de la rupture des relations diplomatiques, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), José Miguel Insulza, a beau avoir lancé un appel au calme, le long de la frontière entre les deux pays, c'est désormais l'état d'alerte maximum. 

L'incident vu de Caracas

Avec notre correspondante, Angèle Savino

L’annonce d’Hugo Chavez ne surprend pas vraiment. Il avait averti le président colombien sortant, la semaine dernière, qu’il romprait ses relations diplomatiques avec la Colombie, si Alvaro Uribe ne retirait pas ses accusations. Les analystes estiment cependant que l’on est encore loin d’une confrontation armée. Il est peu probable en effet que l’armée colombienne prenne le risque de bombarder un campement des Farc, comme elle l’avait fait en 2008 à la frontière équatorienne, car le Venezuela a une capacité d’attaque supérieure à celle de l’Equateur. Cela explique aussi le recours d’Alvaro Uribe à l’OEA, l’Organisation de Etats Américains.

Sur un plan économique, les exportations de la Colombie vers le Venezuela ont certes chuté de 70% depuis le gel des relations diplomatiques décidé par Hugo Chavez l’an dernier, mais les deux pays dépendent économiquement l’un de l’autre.

Hugo Chavez a d’ailleurs laissé la porte entrouverte au successeur d’Alvaro Uribe, Juan Manuel Santos, qui prêtera serment en présence son homologue équatorien Rafael Correa, avec lequel il commence à peine à se réconcilier. Le nouveau président colombien, qui voudrait bien améliorer ses relations avec l’ensemble du continent, aura intérêt à se tourner vers l’Unasur, l’Union des nations sudamericaines, plutôt que l’OEA, Organisation des Etats américains, dont font partie les Etats Unis.

... et vu de Bogota

Avec notre correspondante à Bogota, Marie-Eve Deteuf

 

Voilà des années que Bogota accuse le Venezuela de servir de refuge aux guérilleros des FARC en décidant de porter l’affaire devant l’OEA (l'Organisation des Etats américains) Alvaro Uribe savait qu’il prenait le risque de déclencher une crise diplomatique d’envergure.

 

Jeudi soir, 22 juillet 2010, la Colombie jouait l’apaisement en jurant que la frontière ne serait pas militarisée. Mais les médias et les observateurs s’interrogent : pourquoi le président colombien qui est sur le départ a provoqué ainsi Chavez.

 

Pour certains, Uribe a bien joué et il a marqué le point sur la scène internationale. Dans la foulée le procureur colombien a jeudi soir, évoqué la possibilité de traîner Hugo Chavez devant la Cour pénale internationale pour complicité avec le terrorisme.

 

D’autrent pensent qu’Alvaro Uribe a voulu peser sur la politique de son successeur. Juan Manuel Santos qui va prendre le pouvoir le 7 août prochain souhaitait la normalisation des relations avec le Venezuela d’Hugo Chavez. Une promesse de campagne désormais bien difficile à tenir.

 

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