Canada

L'exploitation du gaz de schiste inquiète les Québécois

Une flamme de gaz naturel sortant d'une usine au Canada
Une flamme de gaz naturel sortant d'une usine au Canada Don Mason

Depuis quelques mois, les puits d’exploration gazière fleurissent au Québec le long du Saint-Laurent, principalement entre Québec et Montréal. Du jour au lendemain, certains habitants tombent nez à nez avec une flamme de plusieurs dizaines de mètres de haut qui jaillit du sol. L’utilisation d'un nouveau procédé de technologie rend en effet exploitable le gaz de schiste enfermé dans le sous-sol. L’opposition grandit face à cette industrie toute neuve, et les résidents  de la vallée se plaignent d’un manque d’informations.

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Avec notre correspondante à Montréal, Pascale Guéricolas.

C’est l’heure de la traite chez Alain Soucy, le maire de Saint-Édouard-de-Lotbinière, une tranquille localité agricole à 50 kilomètres de Québec. Il y a quelques mois, des citoyens sont tombés sur des camions très chargés sur une petite route de forêt.

Le maire a alors compris que les travaux de forage de l’entreprise gazière Talisman, qui l’avait contacté l’année précédente, avaient débuté : « Comme maire de Saint-Édouard, comme celui de Leclercville, on se sentait mis de côté….vers quoi ça s’enligne ».

Depuis, l’entreprise gazière a rencontré le conseil municipal et la population. Cependant, les citoyens ne peuvent donner leur avis sur le développement ce nouveau secteur énergétique, même si l’entreprise gazière a le droit de puiser jusqu’à 20% de l’eau de la rivière. Au Québec, le gouvernement négocie directement avec ce type d’industrie, sans en référer aux municipalités.

Vincent Perron, coordonnateur de Talisman-Québec qui compte plusieurs dizaines de puits en exploration, se fait rassurant : « Les gens ont juste besoin d’information, savoir qui isole le puits de la nappe phréatique ».

Ce discours laisse sceptique Georges Bergeron un villageois qui possède un bout de forêt non loin d’un puits d’exploration de gaz : « À un moment donné, cela peut déranger la nappe phréatique. On n'aura plus d’eau potable. À remuer la terre comme ils la remuent, même s’ils disent que cela ne dérange pas la nappe phréatique, cela peut la polluer. À un moment donné, notre eau va être contaminée, ou elle ne sera plus bonne. Ou encore on n’en aura plus ».

« Mobilisons gaz de schiste » regroupe des citoyens de la vallée du Saint-Laurent inquiets devant l’arrivée soudaine de tous ces puits gaziers. Selon eux, il faut débattre publiquement de cette nouvelle direction énergétique que prend le Québec, jusqu’alors réputé pour son hydro-électricité.
 

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