Brésil / Elections

Brésil : une puissance émergente

Luiz Inacio Lula Da Silva, président du Brésil.
Luiz Inacio Lula Da Silva, président du Brésil. REUTERS/Nacho Doce

Le Brésil organise dimanche 3 octobre des élections présidentielles et générales. C’est un pays en pleine effervescence économique qui s’apprête à porter au pouvoir l’héritière du président Lula. Ferme du monde, puissance pétrolière en devenir, puissance minière : grâce à ces multiples atouts, le Brésil s’est hissé à la huitième marche des puissances économiques mondiales, avec une croissance toujours insolente, estimée à 7% pour 2010.

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Le Brésil réunit tous les facteurs pour un développement économique à grande vitesse. Dans ce grand pays de l’Amérique latine les richesses agricoles ou souterraines sont généreuses : l'eau, la terre, la main-d’œuvre, les minerais, le pétrole... Le Brésil est devenu le premier exportateur mondial de soja, de sucre, d'éthanol, de bœuf, de poulet ou de tabac.

Mais deux facteurs essentiels poussent le pays vers la croissance actuellement : tout d’abord la consommation intérieure grâce à l’accroissement de la classe moyenne. Au cours des huit ans de la présidence de Lula, 29 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté et sont devenus des consommateurs affamés.

Le Brésil doit son succès économique aussi en grande partie à la bonne performance de ses grandes entreprises ayant une forte présence mondiale surtout dans les secteurs des matières premières et des produits industrialisés. Ces multinationales ne cessent de croitre en taille comme en terme d’activités.

L’événement le plus récent : le géant pétrolier brésilien Petrobras a annoncé jeudi 30 septembre avoir levé 67,7 milliards de dollars sur les marchés, dans le cadre d'une augmentation de son capital. C’est la plus importante augmentation de capital jamais réalisée par une société cotée.

La compagnie brésilienne devient ainsi un des leaders mondial du secteur, derrière l'américain ExxonMobil et le chinois Petrochina. Une autre entreprise de poids est le géant minier brésilien Vale, premier producteur mondial de minerai de fer. Elle a récemment augmenté sa participation dans sa filiale « engrais » Vale Fertilizantes en rachetant 20% du capital détenus par l'américain Mosaic. Son nouvel objectif : devenir un leader mondial dans le secteur des engrais. Autre exemple : l'avionneur Embraer, qui est le troisième fabricant mondial derrière l'américain Boeing et l'européen Airbus. Il a livré 244 appareils en 2009, un record pour ce constructeur de l’hémisphère Sud.

Mentionnons aussi Odebrecht, la plus grande société privée de construction civile ou Marfrig, le grand groupe de viande industrialisée. Les deux comptent aussi parmi les entreprises vedettes du Brésil. Marfrig est partie cet été à l’assaut des Etats-Unis. Elle a acheté le distributeur de nourriture américain Keystone Foods pour 1,02 milliard d'euros. Cette opération lui a permis de devenir le fournisseur des plus grandes chaînes de restaurants mondiales.

Mais le Brésil souffre de handicaps qui risquent de compromettre son succès économique. La corruption et la bureaucratie sont assez présentes ainsi que le manque d'infrastructures (réseaux routiers et ferroviaires, aéroports et ports) qui risquent à moyen terme de freiner la croissance. Autre frein : l'appréciation de la monnaie nationale, le real, face au dollar et à l'euro commencent à réduire le solde commercial.

Une position de leader en Amérique du Sud

Avec une population d’environ 200 millions d’habitants et un PIB de 1 574 milliard de dollars en 2009, le Brésil est incontestablement la première puissance économique du continent sud-américain. En 2008, l’Amérique latine et Caraïbes étaient les premiers clients du Brésil : 25,2% des exportations brésiliennes étaient dirigés vers cette zone. Le Brésil tente de s’imposer comme leader dans le continent tant sur le plan économique que politique et diplomatique.

Dernier exemple en date : Brasilia a signé mercredi 29 septembre dix accords de coopération économique avec Haïti. Rappelons que le Brésil avait pris des engagements pour plus de 100 millions de dollars dans la reconstruction d'Haïti et qu’il a été le premier pays à contribuer au fonds mis en place par la Banque mondiale pour financer la reconstruction de ce pays après le séisme.

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