Etats-Unis / Elections de mi-mandat

A Chicago, le quartier d’Obama continue de soutenir le président, malgré tout

Dans le quartier de Hyde Park à Chicago, des portraits à l'effigie de Barack Obama et sa famille.
Dans le quartier de Hyde Park à Chicago, des portraits à l'effigie de Barack Obama et sa famille. M.Paradon/RFI

Aux Etats-Unis, les élections législatives qui ont lieu mardi 2 novembre, s’annoncent serrées pour les démocrates, en particulier à Chicago, le fief du président. Barack Obama était sénateur de l’Illinois avant de briguer la Maison Blanche. Il possède toujours une maison dans le quartier universitaire de Hyde Park, dans le sud de la ville. Les habitants ne le voient plus beaucoup mais une majorité le soutient.

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Une voiture de police bloque l’entrée de Greenwood Avenue. Impossible d’approcher la maison de Barack Obama. Ce jour-là le président est de passage à Chicago, son fief électoral, pour soutenir les candidats démocrates aux élections législatives. Il faut se rendre quelques rues plus bas dans le quartier de Hyde Park, pour parler avec des habitants qui le côtoient.

Sur la 53e rue, la cafétéria Valois dans laquelle Barack Obama avait ses habitudes. A l’intérieur, il y a toujours la grande affiche sur laquelle figure son menu préféré, steak-œuf-pommes de terre rissolées, pour 8,95 dollars. « Le président ? On ne l’a pas vu depuis son élection, déplore Don, le patron du Valois, mais c’est normal, il est très occupé ». Don soutient Barack Obama « en voisin » et estime « qu’il fait du bon boulot même si les gens voudraient qu’il aille plus vite ».

« Obama se débrouille extrêmement bien »

Au Valois, la clientèle est mélangée, à l’image du quartier, à la fois noire et blanche, intellectuelle et populaire. A une table, un sexagénaire qui se fait appeler Mr Smith pense qu’ « Obama se débrouille extrêmement bien, comparé aux huit années passées avec Bush et compte tenu de la situation du pays. Il pourrait faire mieux si les républicains ne bloquaient pas systématiquement ses efforts », et de fustiger ceux qui sont contre « une réforme qui veut donner une assurance de santé à plus de 40 millions de personnes, comment peut-on être contre, ça n’a pas de sens ! ».

A une autre table, Michael Evans, la cinquantaine, n’a pas dû voir un dentiste depuis longtemps. Lui, cherche un travail. Le seul reproche qu’il adresse à Barack Obama concerne ses plans de sauvetage à l’économie. « Il aurait du donner l’argent aux gens plutôt que de le donner aux banques ou aux groupes automobiles qui ont promis des emplois aux gens ordinaires, et leur ont donné de faux espoir. Ils n’ont rien fait de constructif avec cet argent ». Michael Evans votera tout de même démocrate pour les élections législatives, pour que le Congrès soutienne les efforts de Barack Obama.

Corinne Compton, elle, s’énerve. Cette mamie à forte voix, en a marre d’entendre parler de la bataille entre démocrates et républicains. « Ce qui compte, ce n’est pas qui va gagner, Clinton n’avait pas de majorité à son époque et il a fait des choses. Ce qui compte, c’est ce qui est fait pour faire repartir l’économie, quels que soient ceux au pouvoir. Et puis Obama ça ne fait que deux ans qu’il est président. Attendons de voir ce que ça donne ».

« Il n’a rien fait pour Chicago »

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A deux pâtés de maisons de la cafétéria, sur Blackstone Avenue, il y a l’ancien coiffeur d’Obama. Dans ce décor très années 50, on est d’abord fan des Bears, l’équipe de football américain de Chicago, ensuite du président. Ici non plus, Obama ne vient plus. Selon le patron, il a conservé son coiffeur mais il le ferait venir à son domicile de Greenwood Avenue.

Dans le concert de louanges adressé par les employés et les clients du salon de coiffure, une voix discordante, celle de Cubie Robertson. Ce grand gaillard de 20 ans, affalé sur un canapé avec ses copains, vient d’un quartier difficile, du côté est de Chicago. « Pour moi, Obama ne fait rien. Regardez la violence à Chicago. Pour les gens ça ne s’améliore pas. Chicago est sans doute devenue la capitale de la violence aux Etats-Unis, avec tous ces meurtres ».

Le jeune homme se plaint de ce président qu’on « voit beaucoup à la télé, comme une célébrité, mais il ne travaille pas assez . Il est comme les autres présidents. Ce n’est pas parce qu’il est Noir qu’il fait les choses différemment des autres présidents comme Bush ou Clinton. » Cubie Robertson ne votera ce mardi. Il fait partie de ces jeunes sans illusions que les politiques n'ont pas réussi à mobiliser pour ses élections.

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