Cuba

A Cuba, des réformes économiques au menu du prochain Congrès du Parti communiste

Hugo Chavez (G) et Raul Castro (D) à la Havane le 9 novembre 2010.
Hugo Chavez (G) et Raul Castro (D) à la Havane le 9 novembre 2010. REUTERS/Desmond Boylan

Repoussé depuis 2002 par le régime cubain, le congrès du Parti Communiste est finalement programmé pour avril prochain. La réunion sera consacrée à la réforme économique du pays et devra entériner notamment le licenciement de 500 000 fonctionnaires publics.

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Vêtu de son uniforme militaire, le président cubain Raul Castro a annoncé la nouvelle en présence de son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, en visite à la Havane. Dans un langage on ne peut plus formel, Castro déclarait que « le bureau politique a décidé de convoquer le VIe Congrès pour la deuxième moitié d’avril 2011… » (voir la vidéo). Cela sera la première grande réunion du parti depuis 1997.

La date n’a pas été choisie au hasard. C’est le 50e anniversaire de l’invasion de la baie des Cochons. En avril 1961, des exilés cubains appuyés par les Etats-Unis débarquaient à Cuba et tentaient de renverser le régime Castro. Plus tard, la même année, Fidel Castro annonçait dans un discours télévisé que Cuba adoptait définitivement le communisme.

« Actualiser » le système castriste

50 ans plus tard, le système économique mis en place par le leader maximo doit être « actualisé », a reconnu son frère Raul Castro dans son intervention du lundi 8 novembre 2010. Cependant, pour lui, il n’est pas question de copier d’autres Etats. Réitérant sa volonté de poursuivre le projet révolutionnaire, Castro promet en même temps des changements sur les plans social et économique. Les militants du parti et « toute la population » sont appelés à participer à la réflexion dans le cadre des séminaires organisés à partir de la mi-novembre dans toute les municipalités. Tous les sujets, « même les plus sensibles » pourront être mis sur la table, a promis Raul Castro.

Or, il ne fait plus aucun doute que le sujet le plus sensible, aux yeux du régime de La Havane, est l’avenir économique du pays. Les dirigeants communistes reconnaissent que l’heure est grave. Sans l’aide généreuse du Venezuela, la situation intérieure serait encore pire. Le congrès devra donc prendre « des décisions fondamentales sur la modernisation de l’économie et adopter les lignes de la politique économique et sociale du parti et de la révolution », a souligné le général Castro, qui reste d’ailleurs le numéro 2 du PCC. Le poste du premier secrétaire du parti est, quant à lui, encore occupé par le père de la Révolution cubaine, Fidel Castro.

A 84 ans, Castro avait, ces derniers mois, multiplié ses apparitions publiques. Dans une interview accordée en septembre dernier à la presse américaine, il a d’ailleurs reconnu que le modèle économique cubain ne fonctionnait plus. Beaucoup d’observateurs ont interprété cet aveu comme un signal envoyé à son frère Raul d’entamer les réformes économiques nécessaires.

La révolution a perdu sa jeunesse

Et ce n’est pas un hasard si, peu de temps après, on apprend que 500 000 fonctionnaires seront licenciés à partir de janvier 2011. Les futurs chômeurs auront le droit d’ouvrir de petits commerces…privés. Un vent de Perestroïka soufflerait-t-il donc sur l’île des Caraïbes ? Rappelons que Mikhail Gorbatchev avait lancé son processus de réforme du socialisme en 1986, lors du XXVIIe Congrès du Parti communiste de l’Union Soviétique.

Une chose est sûre : la jeunesse cubaine, elle, aspire profondément à des changements. Ce désir était déjà perceptible lors du dernier congrès de l’Union de la jeunesse communiste à La Havane en avril 2010. Faute de perspectives professionnelles, les jeunes Cubains sont toujours plus nombreux à vouloir quitter leur pays. A l’heure où les fidèles de Fidel atteignent tous des âges respectables, l’esprit révolutionnaire a bien du mal à trouver un public plus jeune.

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