Indonésie / Etats-Unis

Barack Obama salue l’Indonésie, «modèle pour l’Islam et l’Occident»

Le président américain Barack Obama lors de son discours à l'université d'Indonésie à Djakarta, le 10 novembre 2010.
Le président américain Barack Obama lors de son discours à l'université d'Indonésie à Djakarta, le 10 novembre 2010. REUTERS/Jason Reed

En visite-éclair en Indonésie, pays où il a vécu durant son enfance, le président américain a prononcé un discours attendu dans lequel il a rendu un hommage appuyé à l’évolution démocratique du pays, et à la coexistence pacifique des différentes religions qui le caractériserait. « L’Indonésie fait partie de moi » a déclaré Barack Obama.

Publicité

Avec notre correspondante à Djakarta, Solenn Honorine

Elle a beau être membre du G20, l’Indonésie reste extrêmement discrète sur la scène internationale. Alors lorsque l’homme le plus puissant du monde en dresse un portrait aussi élogieux, c’est un coup de projecteur qui ne pouvait que flatter ses hôtes au nationalisme à fleur de peau.

C’est moins son statut de plus grand pays musulman au monde que sa devise nationale que Barack Obama a salué : bhinneka tunggal ika, Unité dans la Diversité, ou comment faire cohabiter pacifiquement peuples et religions différents. Sa visite à la grande mosquée Istiqlal, construite par un architecte chrétien et dont le nom signifie « indépendance », en cela, était symbolique.

L’image du président en chaussettes dans un lieu de prière, sa femme voilée à côté de lui, était le prélude au discours qui visait également à tendre la main au monde musulman comme celui prononcé Caire en juin 2009, à l'attention des musulmans.
 

Ce discours était en effet dans la même veine que celui du Caire : répéter que les Etats-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l’Islam, lancer un appel au dialogue, appeler à combattre al-Qaïda. Le président a reconnu que beaucoup de progrès restaient à faire, notamment pour la résolution du conflit israélo-palestinien. Barack Obama a pris l’Indonésie en exemple pour montrer que le dialogue est possible avec un pays à majorité musulmane.

Pour les Indonésiens, cette visite représentait beaucoup. L’image que Barack Obama a reflétée de l’Indonésie était extrêmement flatteuse. Dans son discours, le président américain a parlé d’un pays fondé sur des bases partagées avec les Etats-Unis, des bases d’ouverture, de tolérance, de diversité des religions et des peuples. Il a également souligné les grands progrès qui ont été accomplis, notamment dans les 10 dernières années et l’introduction de la démocratie, et estimé que l’Indonésie était un allié naturel des Etats-Unis en tant que démocratie.

Pour l’Indonésie, qui est un « nain politique » par rapport à sa taille, ce discours ressemble aussi à un appel à prendre plus de responsabilités sur la scène internationale. A travers par exemple le G20 qui commence demain, ou le cas de la Birmanie. Barack Obama a condamné le résultat des récentes élections dans ce pays ; un clin d’œil au fait que l’Indonésie est le plus grand pays au sein de l’ASEAN, et que celle-ci serait l’instance internationale la plus à-même d’intervenir sur le dossier birman.
 

L'histoire de nos deux pays montre que des centaines de millions avec des fois différentes peuvent être unis dans la liberté sous un même drapeau.

Barack Obama

La venue du président américain en Indonésie a, par deux fois, été repoussée, en mars puis en juin, car Barack Obama avait dû se consacrer à des questions intérieures (bataille pour la réforme de la santé, puis marée noire dans le golfe du Mexique).
Après moins de 24 heures de visite, l’avion présidentiel a quitté le sol indonésien avec deux heures d'avance sur l'horaire initialement prévu à cause des risques liés aux nuages de cendres du volcan Merapi, selon la Maison Blanche.
Ce séjour en Indonésie était le premier pour Barack Obama depuis qu'il y a passé quatre années de son enfance, à la fin des années 1960.
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail