Pérou

Au Pérou, le spectre des violences passées resurgit avec une vidéo diffusée sur Internet

Rassemblement de survivants et proches des victimes des guerillas de 1980 à 2000, à Lima le 10 septembre 2010.
Rassemblement de survivants et proches des victimes des guerillas de 1980 à 2000, à Lima le 10 septembre 2010. Reuters / Cris Bouroncle

Le 3 septembre 2010, une mystérieuse vidéo commence à circuler sur Internet. D'un camp dans la jungle, trois personnes masquées lancent un appel à la lutte armée au Pérou au nom d´une Armée populaire Tupacamariste. Grâce aux lois qui condamnent toute apologie du terrorisme, le gouvernement en bloquera l´accès pendant 2 mois et demi. La vidéo est tout de même devenue publique lorsqu´une chaîne de télévision en a reçu une copie. Depuis, les Péruviens essaient de ne pas dramatiser mais le souvenir des 70 000 morts du passé est toujours fort.

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Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

« Nous avons identifié l´une des personnes sur la vidéo. Ne vous inquiétez pas, nous faisons notre travail ». Depuis quelques jours, c´est le message que le ministre de l´Intérieur, le commandant de la police et les autorités en général délivrent à la population.

Martin Villena est étudiant. Il s´inquiète de l´impact du message appelant à la reprise de la lutte armée. « Les gens ont très peur de tout ce qui ressemble à l´extrême gauche. On va avoir une croissance de 8% cette année et à Lima les gens ne vont pas appuyer un retour de la violence ou en tout cas ce sera une toute petite minorité. En revanche, la réaction peut être différente dans les Andes centrales et sud que les gouvernements ont toujours oubliés ».

Pour Martin Villena, la population se préoccupe plutôt des élections générales de l´an prochain. Mais pour lui, il ne faudrait pas oublier les leçons du passé. « Comment le terrorisme a-t-il commencé en 1980 ? Quand le Sentier Lumineux a attaqué, personne ne l´a pris au sérieux. C´est quand les bombes ont explosé à Lima que les gens ont vu la force de la guérilla ».

La population est d´autant plus inquiète qu´avec le temps qui passe, les guérilleros condamnés commencent à sortir de prison et pourraient être tentés de reprendre les armes. Dernier exemple en date, Nancy Gilvonio, leader du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru.

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