Brésil

Le Brésil célèbre la journée de la conscience noire

Vue panoramique du quartier Flamengo de Rio de Janeiro.
Vue panoramique du quartier Flamengo de Rio de Janeiro. GNU Free Documentation License

Le Brésil célèbre le 20 novembre 2010 la journée de la conscience noire. Cette date a été choisie en mémoire du chef d'une république d'esclaves fugitifs. Tué le 20 novembre 1695 par les grands propriétaires terriens, il est devenu au Brésil le symbole de la résistance contre l'esclavage. Le Brésil donc fête son métissage pourtant ses citoyens à la peau foncée sont souvent laissés en marge de la société. Reportage au meeting de lancement de la journée de la conscience noire, le 19 novembre à Rio de Janeiro.

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Avec notre envoyé spécial à Rio de Janeiro, François Cardona

Sur la scène, un groupe de jeunes musiciens venus des favelas. Parmi les spectateurs, peu de peaux blanches, évidemment. Au Brésil, selon le dernier recensement, qui date d’il y a 10 ans, la moitié des habitants se disent noirs ou métisses. Pourtant les inégalités continuent d’être criantes comme le regrette Paulo.

Il est métallurgiste comme le président brésilien, qui a finalement annulé au dernier moment sa visite à ce meeting annuel de la conscience noire : « Les gens, sur leur carte d’identité, doivent mettre s’ils sont métisse, noir ou blanc. Il faut cocher simplement. Et moi j’ai mis noir. Bien sur. Les inégalités ont pas mal diminué, mais pas pour les salaires. Une femme noire sera toujours moins bien payée ».

Non loin, le jeune Luis Claudio Borges est lui aussi venu assister au meeting. Il est coordonnateur du Forum de la jeunesse noire, et son constat est amer : « Aujourd’hui, sur 10 jeunes tués, 7 sont noirs. Le Brésil a bien avancé, mais il reste beaucoup à faire. L’un des plus graves problèmes c’est qu’il n’y a quasiment aucun noir dans les sphères de décision politique. Et nous luttons contre ça aussi ! »

En cause, un accès limité à l’éducation, Et un débat sur une politique des quotas dans les universités qui n’en finit pas. Le Brésil a encore bien des efforts à faire pour arriver à l’égalité entre blancs et noirs.

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