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Revue de presse des Amériques

A la Une : Wikileaks secoue la diplomatie mondiale

Texte par : Valérie Rohart
5 mn

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Les milliers et les milliers de pages diffusées par le site internet contiennent suffisamment de sujets pour alimenter de nombreux dossiers qui font les premières pages des journaux. Le New York Times s’intéresse au dossier nord-coréen puisque les dépêches diplomatiques révèlent que depuis le début de l’année le gouvernement américain et le sud-coréen étudient les différents scénarios si le régime nord-coréen, miné par la crise économique et la crise de succession venait à s’effondrer…
Il faut dire que selon le New York Times, le diplomate sud-coréen qui a évoqué cette question avec l’ambassadeur américain au cours d’un déjeuner en février dernier, n’y est pas allé de main morte. La chute de la Corée du Nord, dit-il, est à relier à la mort de Kim Jong-il, dans les deux ou trois ans à venir. Et toujours selon les dépêches diplomatiques citées par le New York Times, cela ferait bien l’affaire d’une nouvelle génération de dirigeants chinois, plus jeunes qui verraient d’un bon œil une réunification des deux Corées sous le contrôle de la Corée du Sud. Laquelle est déjà en train de rassurer la Chine : elle continuera d’avoir de grandes opportunités commerciales avec les Corées réunifiées…

Autre révélation de Wikileaks : l’avenir des détenus de Guantanamo

Là encore, le site internet donne un éclairage nouveau. C’est encore le New York Times qui raconte : « L’an dernier, le roi d’Arabie Saoudite a fait une proposition pas très orthodoxe pour renvoyer des prisonniers de Guantanamo à l’étranger, y compris vers des pays chaotiques comme le Yémen, sans crainte de les voir disparaître soit dans la nature, soit dans un réseau terroriste. Le roi Abdallah a suggéré à un haut conseiller de la Maison Blanche, de leur implanter une puce électronique comme il en équipe parfois ses chevaux ou ses faucons ». On aurait pu imaginer une réaction indignée du conseiller de la Maison Blanche, mais John O. Brennan, (puisqu’il est cité) a seulement opposé que « les chevaux n’ont pas de bons avocats ». Le New York Times raconte comment, à travers ces télégrammes diplomatiques, on découvre que les diplomates américains ont frappé à toutes les portes de pays alliés en utilisant des méthodes bien peu reluisantes. Ainsi le président de la Slovénie a été prié de faire des efforts pour accueillir des prisonniers de Guantanamo s’il voulait obtenir un rendez vous avec Barack Obama.

Le fondateur de Wikileaks dans le collimateur du FBI

Dans les nombreux articles qui sont consacrés à cette affaire, le Washington Post s’intéresse au fondateur de Wikileaks. On imagine mal les autorités américaines rester passives face à ce déballage de leurs secrets diplomatiques. Les autorités fédérales tentent de déterminer en quoi Julian Assange a violé la législation américaine notamment les lois sur l’espionnage. Le ministre de la Justice, Eric Holder affirme que ses services et ceux de la défense mènent une sérieuse enquête criminelle contre lui. Toujours selon le Washington Post, le FBI est en train d’interroger tous ceux qui ont eux accès aux documents publiés pour savoir qui les a envoyés à Wikileaks.

Colère d’Hillary Clinton

Le Wall Street Journal publie une photo d’Hillary Clinton aux côtés du ministre turc des Affaires étrangères. Ahmet Davutoglu qui était hier à Washington, avait prévenu avant cette rencontre qu’il demanderait des explications à la secrétaire d’Etat américaine ; lui est qualifié d’extrêmement dangereux notamment en raison de son influence religieuse sur le Premier ministre turc. Le Wall Street Journal ne donne pas le résultat de la rencontre.

Le pire a été évité

Le pire a été évité… C’est en substance la tonalité de l’éditorial du New York Times intitulé : Wikileaks et les diplomates.
« Le travail de la diplomatie est souvent secret et quand les communications deviennent publiques, cela peut devenir très gênant. Mais ce qui nous surprend et nous rassure à propos de ces documents, écrit le journal, c’est qu’on n’y trouve pas trace de filouterie. Après des années de révélations à propos du fonctionnement de l’administration Bush, notamment l’usage de torture et d’enlèvements, ce que l’on trouve dans ces documents diplomatiques montre que la diplomatie du gouvernement Obama est négociée, qu’elle reste mesurée et qu’elle est carrément habile ». « Le meilleur exemple estime le New York Times, c’est le dossier du nucléaire iranien. Les Etats-Unis ont été sous pression pour attaquer préventivement les sites nucléaires. Le gouvernement a su résister ».
A lire rétrospectivement cet éditorial, on a un peu froid dans le dos à imaginer quelle aurait été la réaction de l’administration Bush.

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