Mexique / Sommet de Cancun

Cancun : un accord à l’arraché et l’Afrique se prépare à accueillir le prochain sommet

C'est l'Afrique du Sud qui accueillera l'année prochaine la conférence sur le climat .
C'est l'Afrique du Sud qui accueillera l'année prochaine la conférence sur le climat . Ronaldo Schemidt/AFP

Après douze jours de travaux, la Convention des Nations unies sur le climat a reçu un vote positif. Un an après l'échec des mêmes négociations à Copenhague, l'intégralité de l'accord proposé a été adoptée, à la quasi-unanimité des 192 pays présents. Seule la Bolivie s'est prononcée contre. L'Afrique responsable de moins de 5% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde subit néanmoins de plein fouet les effets du changement climatique. Concernée au premier chef par cet accord qu’elle a validé, elle a aussi accepté de faire certaines concessions.

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Avec notre envoyée spéciale à Cancun, Marie-Pierre Olphand

Les questions de financement sont maintenant clairement posées.

José Endundo, président du groupe Afrique

Le premier mérite de cet accord est d’avoir abordé dans le détail les questions de financement. Un fonds vert a été mis en place pour gérer l’argent promis il y a un an à Copenhague ; c'est-à-dire 30 milliards de dollars d’ici à 2012 et 100 milliards par an à partir de 2020. Les pays riches se sont clairement engagés à verser des sommes.

Dans le texte l’Afrique et les petits Etats insulaires sont nommément cités, comme bénéficiaires prioritaires. Ces groupes pourront aussi jouer un rôle important dans la gestion de ce fonds

En matière de lutte contre la déforestation dans les zones tropicales le mécanisme REDD (Ressources pour le développement durable) qui consiste en quelque sorte à donner une contribution financière à ceux qui préserve leurs forêts avec l’idée qu’ils réduisent ainsi leur émission de gaz à effet de serre et bien ce processus a été lancé formellement à Cancun. Une bonne nouvelle pour les pays du bassin du Congo, qui se sont déjà engagés volontairement sur la voie d’une gestion plus durable de leurs forêts. Il reste néanmoins des questions sur le financement de ce programme.

Il était important pour des pays comme l’Inde de montrer qu’ils étaient proactifs et progressistes.

Jairam Ramesh, ministre indien de l'Environnement

En acceptant de valider cet accord l’Afrique a fait des concessions sur le protocole de Kyoto car aucune décision n’a été prise pour prolonger cet accord contraignant, qui expire dans 2 ans. L’Afrique a aussi accepté l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés et pas à 1,5 degrés comme elle le réclamait.

La balle est maintenant en partie dans le camp du continent africain, puisque l’année prochaine, c’est à l’Afrique du Sud que reviendra l’organisation de la Conférence des Nations unies sur le climat.

Au-delà des applaudissements des délégués, il faut savoir qu'ensuite, ce qui va compter c’est ce qu’ils vont faire concrètement dans les semaines et les mois qui viennent.

Luc Lamprière

Les limites de l'accord de Cancun

Avec notre envoyée spéciale, Anne-Cécile Bras

Malgré l’enthousiasme et l’émotion visibles sur les visages des représentants des 191 pays qui ont juridiquement validé l’accord de Cancun en l’acclamant en séance plénière, cet accord ne restera pas dans l’histoire comme celui qui permettra de lutter efficacement contre les changements climatiquee.

Tout d’abord parce que le fait d’inscrire dans un texte que le réchauffement du climat de la planète ne doit pas excéder les deux degrés d’ici la fin du siècle n’oblige pas les parties à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, le fantôme du protocole de Kyoto, le seul texte qui oblige les pays industrialisé à réduire leur pollution, rôde toujours. Il s’achève dans deux ans et l’accord de Cancun stipule seulement qu’il faudra trouver le plus tôt possible des solutions pour le prolonger.

Mais le fait qu’il y ait eu un accord est tout de même un signal fort envoyé aux décideurs politiques et industriels et à la société civile. Reste à savoir comment chacun va s’en emparer, le but étant, selon les scientifiques, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de moitié d’ici 2050.
 

la Bolivie continue de dénoncer l’accord signé par les 193 autre pays membres de la convention des Nations Unies… Cet accord, qui prévoit notamment la création d’un « Fonds Vert »de 75 milliards d’euros annuels, est jugé insuffisant par la Bolivie qui a annoncé qu’elle allait déposer un recours devant la Cour Internationale de Justice de La Haye, faisant valoir que son approbation sans consensus fragilise les règles internationales…

La Bolivie fait bande à part - Explications

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