Etas-Unis/Justice

La justice américaine autorise un condamné à mort à demander des tests ADN pour prouver son innocence

Hank Skinner
Hank Skinner AFP/Texas Department of Criminal Justice

Hank Skinner, condamné à mort pour un triple meurtre qu’il affirme ne pas avoir commis, vient d’obtenir de la Cour suprême des Etats-Unis le droit de réclamer à la justice des tests d’ADN pour prouver son innocence.

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Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Hank Skinner avait été condamné à mort par un tribunal texan pour avoir poignardé sa compagne et ses deux fils la nuit du nouvel an 1993. Il avait toujours affirmé être trop ivre et trop drogué pour avoir pu commettre le triple meurtre.

Sans nier sa présence sur le lieu du crime, il accuse l’oncle de la victime, ancien repris de justice, maintenant décédé, qui avait fait des avances à sa nièce qu’elle avait rejetées. Les enquêteurs avaient procédé à des tests ADN, mais sur seulement une partie des pièces à conviction.

L’accusé pense que des tests sur l’ensemble des preuves pourraient montrer qu’il est innocent. Or, la justice du Texas a toujours rejeté sa demande. La Cour suprême des Etats-Unis, par six voix contre trois, vient d’accéder à sa requête en l’autorisant à solliciter de la justice qu’elle réalise ces tests.

Cela ne garantit en rien qu’il sera innocenté, mais lui permet de retarder son exécution à laquelle il avait échappé in extremis l’an dernier, grâce à un sursis de dernière minute de la Haute cour.

Hank Skinner, âgé aujourd’hui de 47 ans, a passé 15 ans en prison. Il est marié à une Française qui milite contre la peine de mort. 260 accusés aux Etats-Unis ont été disculpés par les tests ADN, dont plus d’une vingtaine de condamnés à mort.

Ça ne va pas dire pour autant qu'il va gagner cette demande de tests ADN mais c'est un pas énorme qui vient d'être franchis.

Sandrine Ageorges Skinner, épouse de Todd Willingham

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