La revue presse des Amériques du 4 mai 2011

A la Une : contentieux électoral en Haïti et les questions autour de l'opération américaine qui a conduit à la mort de ben Laden

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Nouveau contentieux électoral en Haïti

Michel Martelly, le président élu d’Haïti était l’invité de RFI ce mercredi midi 4 mai 2011.
Il a fallut cinq mois de comptes et de recomptes, de longues semaines de négociations de l’Organisation des Etats américains (OEA) pour qu’il soit qualifié pour le second tour et qu’il gagne finalement l’élection présidentielle. Le scénario est en train de se reproduire pour 17 députés et 2 sénateurs. Ils ont été désignés vainqueurs lors des résultats préliminaires mais les observateurs de l’OEA sont très critiques sur leur élection. Radio Kiskeya annonce la création d’une commission d’enquête sénatoriale qui devra se prononcer sur l’élection de ces députes et sénateurs. Le Nouvelliste s’interroge : « Qui seront les élus qui prêteront serment devant les chambres ? Est-ce que ce sera ceux qui ont été désignés gagnants lors de la proclamation des résultats préliminaires ou ceux qui auront gagné sur le tapis vert du Conseil électoral », se demande le patron du journal, Franz Duval.

Nouvelles versions de la mort d’Oussama ben Laden

« Dès lors que l’hypothèse du raid avait été retenue, la reddition d’Oussama ben Laden n’était pas une option possible », titre leLos Angeles Times. « Les officiels révisent leur première version du raid sur la maison d’Oussama ben Laden, explique le journal. Ils reconnaissent maintenant que le commando agissait avec des règles d’engagement qui rendaient la mort d’Oussama ben Laden, inéluctable ». Le Los Angeles Times souligne au passage que la nouvelle version officielle dément qu’Oussama ben Laden ait été armé et qu’une de ses femmes ait servi de bouclier humain. « Il aurait fallut que le chef d’al-Qaida soit entièrement nu au moment du raid pour que le commando puisse lui laisser une chance de se rendre », explique un spécialiste du contre-terrorisme du Sénat au Los Angeles Times

Questions sur les méthodes de l’armée américaine

« Ce raid ravive le débat sur la torture », titre le New York Timesce matin. « Est-ce que ce sont des interrogatoires musclés qui ont permis d’obtenir l’information essentielle qui a conduit à l’élimination du chef terroriste ? », se demande le journal. « En tout cas, en chœur, les membres de l’ancienne administration Bush affirment que le raid légitime a posteriori les méthodes de tortures comme la simulation de noyade », écrit le journal qui cite notamment John Yoo, ancien responsable du département de la Justice. John Yoo estime que « Barack Obama peut à juste titre se vanter de cette opération mais qu’il doit ce succès à des décisions prises par l’administration Bush. Mais un regard plus attentif aux méthodes d’interrogatoire montre que les méthodes violentes ont peu à voir dans la découverte du messager d’Oussama ben Laden ».

Le New York Times rappelle que Khalid Cheikh Mohammed qui a été soumis 183 fois à des simulations de noyade n’a jamais lâché le nom du messager. En remontant le fil des interrogatoires qui ont conduit la CIA jusqu’à ce fameux messager, le journal rappelle que les enquêteurs ont été mis sur de nombreuses fausses pistes par des prisonniers qu’ils torturaient.

Tensions entre les Etats-Unis et le Pakistan

«Des tensions montent au moment où les Etats-Unis cherchent à obtenir des réponses du Pakistan », titre dans un autre article le New York Times. L’administration Obama veut savoir comment Oussama ben Laden a pu se cacher si longtemps au Pakistan sans attirer l’attention des autorités et de son côté, le Pakistan a publié un communiqué qualifiant ce raid américain, « d’opération unilatérale non autorisée »… « Nous devons savoir sur quel type de réseau d’entraide, Oussama ben Laden a pu compter pendant toutes ces années », a expliqué mardi John Brennan, le conseiller anti-terrorisme de la Maison Blanche et cité par le journal.

« Le débat va donner du grain à moudre à ceux qui au Congrès militent depuis des années pour une réduction de l’aide au Pakistan », écrit encore le New York Times. Même tonalité dans leWashington Post qui rappelle que la maison fortifiée qu’occupait Oussama ben Laden est entourée d’installations militaires. « De ces réponses, dépendra le futur des relations entre les deux pays », estime le journal.

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