Equateur / Politique

En Equateur, le président Rafael Correa conforté par le référendum constitutionnel

Si les projections se confirment, ce référendum serait la sixième consultation électorale remportée par le président Rafael Corea depuis son arrivée au pouvoir en 2007. Bureau de vote à Quito, la capitale, le 7 mai 2011.
Si les projections se confirment, ce référendum serait la sixième consultation électorale remportée par le président Rafael Corea depuis son arrivée au pouvoir en 2007. Bureau de vote à Quito, la capitale, le 7 mai 2011. Reuters/Kevin Granja

En Equateur, les électeurs étaient appelés hier samedi 7 mai 2011 à se prononcer par référendum sur une série de réformes constitutionnelles, concernant notamment la justice et les médias. L’occasion selon le président Rafal Correa d’accélérer le processus de réformes engagé, l’occasion selon l’opposition de radicaliser la «dérive autoritaire» du pouvoir. Selon un sondage effectué à la sortie des bureaux de vote, trois électeurs sur cinq soutiennent les réformes et l'opposition a déjà reconnu sa défaite.

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Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

«On gagne avec 62% », clame Rafael Correa

Dix sur dix pour le gouvernement : selon les premiers résultats officieux des sondages effectués à la sortie des urnes, c´est le «oui» qui l´emporte avec de 55 à 60% des suffrages selon la question posée.

Le référendum -qui consistait en dix questions- portait en effet sur des thèmes aussi divers que la réforme de la justice, la régulation des médias, l´affiliation obligatoire de tous les travailleurs à la sécurité sociale, le durcissement des mesures contre l´enrichissement illicite et des questions de société comme l´interdiction des jeux de hasard et des spectacles se terminant par la mort des animaux, la corrida pour ne pas la nommer.

Le gouvernement devrait donc avoir les mains libres pour restructurer le pouvoir judiciaire grâce à un comité de trois membres qui dépendra directement du pouvoir exécutif. La prison préventive sera durcie et il sera désormais plus facile de destituer les juges, les procureurs et les avocats qui ralentissent délibérément les procédures judiciaires pour faciliter la libération des prévenus. Pour l´opposition cette réforme permettra au gouvernement de nommer des juges à ses ordres et de concentrer un peu plus tous les pouvoirs entre ses mains.

Ce résultat est une nouvelle preuve du soutien électoral dont bénéficie le président équatorien, Rafael Correa, depuis quatre ans même si l´opposition se renforce dans de nombreuses provinces notamment dans la région andine et surtout en Amazonie.

Les Equatoriens étant très préoccupés par l'insécurité, ils ont largement approuvé le projet de réforme pénale qui prévoit de limiter les libérations de prévenu après un an de détention préventive. Plus de 50% pour et moins de 40% contre.

Les électeurs ont aussi dit oui, mais un peu plus étroitement, à la création d'une commission tripartite avec un représentant de l'Etat pour remplacer provisoirement le Conseil Supérieur de la Magistrature. Cette commission doit changer les modalités de recrutement des magistrats, trop souvent corrompus selon le président équatorien.

« Les médias sont notre plus grand adversaire », disait encore hier Rafael Correa. L'une des questions soumises à rerendum portait donc sur la création d'un conseil qui doit réglementer les contenus et instaurer des critères de responsabilités pour les journalistes et les médias. Une disposition particulièrement critiquée par l'opposition qui y voit une censure de la presse.

Pourtant, la mesure est passée de justesse avec près de 45% de oui contre près de 43% de non. Outre ces mesures cruciales, les Equatoriens devaient aussi se prononcer sur l'interdiction de la mise à mort des taureaux pendant la corrida, une tradition que le président juge cruelle. Sur ce point aussi, il a été suivi...

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