Colombie / Venezuela

L’extradition d’un narcotrafiquant rapproche le Venezuela et la Colombie

Le président colombien Juan Manuel Santos (D) en pleine discussion avec son homologue vénézuelien Hugo Chavez (G) à  Santa Marta , le 10 août 2010.
Le président colombien Juan Manuel Santos (D) en pleine discussion avec son homologue vénézuelien Hugo Chavez (G) à Santa Marta , le 10 août 2010. Photo: Felipe Pinzon/ Reuters
Texte par : RFI Suivre
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Au Venezuela, le narcotrafiquant Walid Makled, accusé par la justice vénézuélienne de plusieurs homicides, de trafic de drogue et de blanchiment d'argent, a été extradé lundi 9 mai par la Colombie. Un geste salué par Caracas, et qui va dans le sens d'un rapprochement entre deux pays voisins mais frères ennemis.

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Avec notre correspondant à Caracas, Francois-Xavier Freland

Un impressionnant dispositif policier, blindés et motards, entourait le fourgon transportant dans les rues de Caracas, l'homme le plus recherché du Venezuela. Walid Makled, 42 ans, d'origine syrienne, extradé par la Colombie, après avoir été capturé en août 2010, était un célèbre homme d'affaires issu d'une riche famille locale. Il possédait entre autres une compagnie aérienne - l'Aéropostale -, descendante de l'ancienne compagnie française qui transportait le courrier à l'époque glorieuse d'Antoine de Saint-Exupéry. Vraisemblablement, les avions de cette compagnie au bord de la faillite ne transportaient pas que du courrier ou des touristes.

Geste de bonne volonté

La justice américaine accuse elle aussi Walid Makled d'avoir acheminé vers les Etats-Unis de la cocaïne, jusqu'à dix tonnes par mois. Washington voulait déférer le narcotrafiquant présumé devant sa justice, après que l'homme a assuré, depuis sa prison en Colombie, être en possession d'enregistrements vidéo extrêmement compromettants, impliquant des fonctionnaires du gouvernement d'Hugo Chavez dans ses trafics. Il prétendait avoir réalisé sa fortune, estimée à 800 millions d’euros, après avoir corrompu une quarantaine d’officiers de l’armée bolivarienne ainsi que cinq députés.

Conscient d'être en possession d'une véritable « patate chaude », mais toujours désireux d'apaiser les relations diplomatiques avec son voisin, le président colombien Juan Manuel Santos a préféré extrader le narcotrafiquant présumé vers le Venezuela. Un geste de bonne volonté en réponse à ceux de Caracas qui a renvoyé récemment plusieurs guérilleros des Farcs (Forces armées révolutionnaires de Colombie) arrêtés sur son territoire.

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