La revue de presse des Amériques

A la une : l'après ben Laden

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Aux Etats-Unis, les journaux consacrent toujours une large place à la mort d'Ousama ben Laden et à ses suites. Avec dans le New York Times la déclaration des fils du chef d'al-Qaida. Ils accusent les Etats-Unis de violer leurs propres « principes fondamentaux en tuant un homme désarmé, en tirant sur sa famille et en immergeant son corps ». Alors que cet homme aurait dû bénéficier de la présomption d'innocence et du droit à un procès juste, il a été visé par « une exécution arbitraire », disent-ils, qu'ils condamnent comme telle et avant tout Omar ben Laden, le quatrième fils d'Oussama, qui avait naguère pris ses distances avec son père.

De son côté, le Washington Post détaille les conséquences de l'événement sur la stratégie afghane des Etats-Unis. « Avant même la mort de ben Laden, écrit-il, la crise de la dette nationale, l'élection de 2012 et les développements sur le terrain s'étaient conjugués pour donner des arguments à ceux qui estimaient que les plans de Washington pour redessiner le gouvernement et l'économie de l'Afghanistan étaient allés bien au-delà de l'objectif de sauvegarder la sécurité américaine ». Et la mort de ben Laden donne maintenant un nouvel élan aux leaders proches d'Obama qui plaident « pour une réduction rapide des forces américaines ». Comme Joe Biden, ou John Kerry. 

Coup d'envoi pour la primaire républicaine

En politique intérieure, on peut dire que la course à la primaire républicaine est désormais lancée, avec l'annonce officielle, attendue ce mercredi 11 mai, de la première candidature, celle de Newt Gingrich. Une initiative qui n'arrive peut-être pas trop tôt, au regard des intentions de l'ancien président de la Chambre des représentants. Le site Politico développe la tactique Gingrich : il s'agira de faire campagne dans absolument tous les Etats en première ligne dans le processus des primaires, depuis l'Iowa jusqu'à la Floride. Alors que les rivaux présumés de Gingrich cherchent à faire l'impasse sur quelques-uns des jalons obligés.

Précisément, c'est à celui qui, parmi les probables candidats républicains, fait actuellement figure de favori pour affronter Obama l'an prochain, Mitt Romney, que certains journaux préfèrent s'intéresser ce matin. Selon le Washington Post, il est en train de « lever des fonds tranquillement, fermement », et à un niveau qui devrait même dépasser tout ce qu'Obama lui-même est susceptible d'amasser. 

Le rapport qui accuse

En Amérique latine, c'est un rapport britannique qui fait la une, celui qu'a publié hier le prestigieux IISS de Londres, qui a longuement étudié le contenu des ordinateurs saisis il y a trois ans lors de la mort de Raul Reyes, alors numéro 2 des FARC. Ce rapport accuse Hugo Chavez, à plusieurs titres. « Le gouvernement de Chavez a demandé aux FARC de tuer des opposants », affiche en gros caractère le journal brésilien O Globo, qui parle  d'une « relation stratégique » entre la rébellion colombienne et le dirigeant vénézuélien.

En Colombie, El Tiempo en fait son éditorial sous le titre « Reyes.doc ». Edito qui commence par relever la conclusion du rapport : « Au moins jusqu'en 2007, la guérilla colombienne et le gouvernement vénézuélien ont maintenu une collaboration étroite et systématique », ce qui démontre au passage que les accusations formulées à l'époque par le président colombien Alvaro Uribe étaient fondées, remarque l'éditorialiste. « Cela dit, poursuit-il, il serait une erreur de pronostiquer, comme le fait l'IISS, que le nouveau climat de coopération binationale sera de courte durée... Plus que détériorer les relations actuelles entre Caracas et Bogota, le défi du dossier des FARC, c'est ce que feront les deux gouvernements pour empêcher que cette collusion soit ravivée ». 

Un referendum pas si clair...

Les journaux équatoriens aussi évoquent le rapport de l'IISS, qui implique par ailleurs le président Rafael Correa, mais plus encore ils suivent de très près les résultats du referendum de samedi dernier. Car la conclusion qui a été tirée peut-être un peu vite à l'issue de ce referendum complexe, c'est que son promoteur Rafael Correa l'avait remporté. Or, il y a plus de suspense que prévu, ce que le journal argentin La Nacion résume ainsi : « Dans un climat d'incertitude et de nervosité croissant, l'Equateur commence un lent recomptage... qui en est train de tourner au revers pour le président, lequel pourrait perdre les deux propositions principales », qui portent sur la justice et la presse.

Une éventualité qu'à Quito, El Comercio exprime de cette façon : « Le projet politique que Correa avait articulé dans ce referendum se sera écroulé », car « le contrôle de la justice et le contrôle des médias » en étaient « les deux piliers ».

Un bon cru pour Cannes

Le festival de Cannes est bien couvert dans les journaux américains, et notamment dans le Los Angeles Times, qui évoque « un ensemble de films exceptionnels » valant largement le buzz. « Le festival a toujours été un must pour les critiques, écrit le journal de Californie, mais cette année, on peut estimer que c'est aussi l'endroit où vous pourrez vraiment vouloir être ».

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