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Argentine / Droits de l'homme

Vols de la mort : cinq arrestations en Argentine

Les deux religieuses françaises Alice Domon (G) et Léonie Duquet (D) photographiées pendant leur détention à l'ESMA.
Les deux religieuses françaises Alice Domon (G) et Léonie Duquet (D) photographiées pendant leur détention à l'ESMA. juicioesma.blogspot.com
Texte par : RFI Suivre
4 mn

On reparle en Argentine de cette pratique particulièrement cruelle par laquelle la dictature a éliminé dans les annés 70 des milliers d’opposants présumés. Les victimes étaient jetées vivantes à la mer par les vols de la mort. Ce mardi 10 mai 2011, la justice a ordonné l’arrestation de cinq personnes accusées d’avoir participé à ces opérations. Parmi elles, trois anciens pilotes qui seraient impliqués dans la mort des religieuses francaises Alice Domon et Léonie Duquet.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Alejandro d’Agostino, Enrique de Saint-Georges et Mario Arru auraient été les pilotes du vol au cours duquel ont été jetées à la mer, le 14 décembre 1977, les religieuses francaises Alice Domon et Léonie Duquet, ainsi que la fondatrice des Mères de la place de mai, Azucena Villaflor.

Elles avaient été enlevées une semaine plus tôt, dans une église où se réunissaient des proches de disparus, sur instructions d’un officier de marine infiltré dans le groupe, Alfredo Astiz. Détenues à l’Ecole de mécanique de la marine, le plus grand centre de détention de la dictature, elles avaient été torturées avant de prendre place dans le vol du 14 décembre.

Selon les confessions d’un repenti, Alfredo Scilingo, 4 400 prisonniers auraient été victimes de ces vols de la mort entre 1976 et 1978. Embarqués nuitamment dans des avions militaires, ils étaient lâchés dans le vide, vivants, après avoir été anesthésiés et ligotés. Parmi les corps rendus par la mer, on a pu identifier celui de Léonie Duquet. L’autre religieuse francaise, Alice Domon, demeure disparue.

Les vols de la mort sont l’objet d’investigations du juge Sergio Torres, qui a ordonné les arrestations de ce mardi. Parallèlement, Alfredo Astiz et d’autres anciens militaires sont en cours de jugement pour leur participation aux crimes commis au sein de l’Ecole de mécanique de la marine.

Peut-être qu'il y en a un qui va parler : que l'on nous dise exactement comment cela se passait entre l'Ecole mécanique de la marine, où ils les transportaient, de quelle façon... je suis sûr qu'en tant que «bons» militaires, ils ont des listes des gens qu'ils embarquaient et qu'ils jetaient à la mer...

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