Russie / Etats-Unis

Dmitri Medvedev met en garde contre une nouvelle guerre froide

Le président russe Dmitri Medvedev a tenu une conférence de presse, le 18 mai 2011, pour mettre en garde les Américains suite au déploiement de leur bouclier antimissile en Europe.
Le président russe Dmitri Medvedev a tenu une conférence de presse, le 18 mai 2011, pour mettre en garde les Américains suite au déploiement de leur bouclier antimissile en Europe. REUTERS/Alexander Natruskin

Les désaccords autour du bouclier antimissile que les Etats-Unis veulent déployer en Europe pourraient mener à une nouvelle guerre froide. L'avertissement est signé Dmitri Medvedev. Au cours d'une grande conférence de presse qu'il a donnée dans la banlieue de Moscou, le 18 mai 2011, le président russe a averti que son pays pourrait abandonner le nouveau traité de désarmement nucléaire (START) signé avec les Etats-Unis si aucun accord n'était trouvé dans le dossier du système de défense antimissile.

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Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

La Russie se pose de sérieuses questions sur la nouvelle version du bouclier antimissile que les Etats-Unis veulent déployer en Europe. Devant un parterre de 800 journalistes du monde entier, Dmitri Medvedev n’a pas hésité à employer une rhétorique offensive expliquant que son pays refuserait qu'un bouclier sous seul contrôle occidental menace une partie du territoire russe. Faute de réponse adéquate, Moscou pourrait tout simplement abandonner le traité russo-américain de désarmement nucléaire entré en vigueur il y a trois mois.

« J’espère que nous arriverons à coopérer dans la défense antimissile, faute de quoi, nous devrions prendre des mesures de rétorsion, ce que nous aimerions vraiment éviter, a déclaré Dmitri Medvedev. Il s'agirait alors de développer le potentiel offensif de nos capacités nucléaires. Ce serait un très mauvais scénario qui nous ferait revenir à l'époque de la guerre froide. C’est un thème très important qui peut mettre à mal tout ce qui a été fait ces dernières années, y compris le traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques ».

Après la conclusion au début du mois d'un accord entre Washington et Bucarest, la Russie a réagi en exigeant d'obtenir l’assurance que le système qui serait installé en Roumanie ne menacerait pas son potentiel nucléaire. Dans ce contexte, le Kremlin suivra attentivement la tournée européenne de Barack Obama qui doit le conduire en fin de semaine prochaine en Pologne, autre pays clé du système de défense antimissile américain dans la région.

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