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Sécurité informatique

Piratage informatique : les fantasques pirates de LulzSec quittent la partie

Le site de la CIA était indisponible, le 15 juin dernier, à la suite d'une attaque revendiquée par LulzSec.
Le site de la CIA était indisponible, le 15 juin dernier, à la suite d'une attaque revendiquée par LulzSec. REUTERS/Jim Bourg

Cinquante jours seulement après son premier fait d’armes sur internet, le collectif de hackers LulzSec tire sa révérence, ce 26 juin 2011. Une simple parenthèse dans l’actualité chargée du piratage informatique mondial qui aura pourtant laissé des traces. Sony, Nintendo, Foxnews, le FBI, la CIA et le Sénat américain en sont tous pour leurs frais.

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« Nous acceptons vos menaces, l’Otan. Le jeu commence, losers ! ». Toujours une  petite provocation à l’endroit de ses victimes et, en guise de paraphe, un petit dessin réalisé à l’aide du clavier : LulzSec, contraction de Lulz Security (Lulz étant une déformation du LOL anglo-saxon, laughing out loud), avait la dent dure et le verbe insolent. Ces six pirates informatiques – c’est en tout cas le nombre qu’ils avancent – dont on ignore l’origine, n’avaient d’autres passe-temps que de s’introduire dans les sites de grandes sociétés et gouvernementaux. Pour le plaisir, et c’est tout. C’est ce qu’ils affirment toujours. Preuves à l’appui : chaque intrusion faisait l’objet d’un communiqué de presse auquel était joint la liste des fichiers recueillis et des adresses attaquées. Sus à l’opacité. Via leur compte Twitter, ils abreuvaient chaque semaine de leurs « exploits » les dizaines de milliers de curieux ou de supporters qui les suivaient.

L'annonce de l'attaque du site de la CIA a immédiatement été relayée sur Twitter.
L'annonce de l'attaque du site de la CIA a immédiatement été relayée sur Twitter. DR

Ceux que ça n’amusaient pas vraiment, c’étaient les responsables des sociétés « visitées ». A commencer par les dirigeants de Sony, maintes fois visé. Déjà dans le collimateur d’un autre collectif, plus engagé celui-là, les Anonymous, pour être à l’origine de poursuites judiciaires à l’encontre de hackers, le géant japonais de l’électronique se serait bien passé de l’esprit taquin des joyeux drilles de LulzSec. Ces derniers, à l’occasion d’attaques contre les sites de la « mauvaise presse » américaine (Fox news, PBS) s’étaient d’ailleurs d’emblée démarqués des Anonymous… pour finalement leur emboîter le pas sur le chemin de la contestation.

Changement de cap

En effet, de la divulgation des informations personnelles des participants à l’émission de télé-crochet X-Factor, leur premier coup d’éclat, le 7 mai dernier, à l’attaque du site du Sénat américain, un mois plus tard, difficile de ne pas constater le changement de cap. Au fil des abordages, les données recueillies devenaient de plus en plus sensibles que ce soit en provenance du programme de partage du FBI ou des serveurs de la justice de l’Etat de l’Arizona. Ils ont également revendiqué la mise hors service du site de la CIA, le mercredi 15 juin et, deux jours plus tard, ont même annoncé une opération conjointe avec d'autres groupes de hackers pour divulguer des informations gouvernementales, à la façon de Wikileaks. « Nous n’aimons pas beaucoup le gouvernement américain. Leur humour est pauvre et leurs sites peu sécurisés », s’était amusé le collectif LulzSec après son passage dans les ordinateurs de la Chambre haute des Etats-Unis. Alors pas d’arraisonnement en guise de point final à l’aventure mais un sabordage en bonne et due forme. Un ultime pied de nez.

 

- 7 mai 2001 : le collectif se fait connaître en rendant publiques les données confidentielles sur les candidats du jeu X-Factor. En guise d’accroche, il se présente comme « une petite équipe d’individus marrants sentant que la tristesse de la communauté virtuelle est un fardeau par rapport à ce qui compte vraiment : l’amusement ».

- 10 mai 2011 : LulzSec attaque le site de la chaîne Foxnews. Les codes d’accès de centaines d’employés sont récupérés.

- 30 mai 2011 : c’est au tour du site du réseau de télévisions PBSd’être la cible des pirates. On apprend dans un article publié par le média que le rappeur Tupac Shakur, tué en 1996, serait toujours en vie, en Nouvelle-Zélande !

- 2 juin 2001 : attaque massive de LulzSec contre le site Sonypictures.com, peu de temps après s’en être pris à Sonymusic.com.

- 3 juin 2011 : les hackers annoncent avoir piraté le géant Nintendo et les serveurs du FBI.

- 13 juin 2001 : LulzSec s’introduit dans le réseau du Sénat américain via le compte d’un sénateur peu sécurisé.

- 23 juin 2011 : Le collectif divulgue de nombreux fichiers sensibles émanant de la police de l’Arizona. On y trouve des données sur les informateurs, sur les gangs surveillés, sur le déroulement des patrouilles d’officiers et la lutte antiterroriste.

- 26 juin 2011 : LulzSec se saborde avec ce message : « Nous espérons avoir eu un microscopique impact sur quelque chose, quelque part. N’importe où. Merci d’avoir navigué avec nous. La brise est fraîche, le soleil se couche, nous nous dirigeons vers l’horizon ».

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