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Amériques / Narcotrafic

Sept tonnes de cocaïne saisies à bord d'un sous-marin

Le plus long sous-marin (33 m) destiné au trafic de drogue jamais construit, saisi par l'armée, à Bogota, Colombie, le 18 septembre 2000.
Le plus long sous-marin (33 m) destiné au trafic de drogue jamais construit, saisi par l'armée, à Bogota, Colombie, le 18 septembre 2000. Carlos Villalon/Liaison

Un sous-marin rempli de sept tonnes de drogue a été retrouvé cette semaine par les gardes-côtes américain et hondurien. Le submersible avait été repéré et intercepté le 14 juillet au large des côtes du Honduras. Ses occupants avaient alors coulé le sous-marin qui a été retrouvé 12 jours plus tard. Des plongeurs du FBI ont retiré alors la drogue de l’épave qui a été remise aux autorités américaines.

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C’est la première fois qu’un sous-marin utilisé par les trafiquants de drogue est intercepté par les patrouilles côtières du Honduras, près de la frontière avec le Nicaragua. Repéré à 16 milles de la côte par des radars embarqués, le sous-marin venait de Colombie. Quand l’équipage s’est aperçu qu’il avait été localisé, il a aussitôt envoyé par le fond le sous-marin. Les cinq marins ont été récupérés en surface, flottant grâce à leur gilet pare-balles, selon le récit du ministre de la Défense du Honduras. Aucune indication n’a été donnée sur leur nationalité. 

La course à l’innovation

Sachant que ce type de submersible peut transporter plusieurs tonnes de drogue, les équipes antidrogue hondurienne et américaine n’ont eu de cesse de rechercher l’épave. Au bout de douze jours, c’est chose faite, les plongeurs du FBI remontent 7 tonnes de cocaïne alors que le sous-marin est remorqué jusqu’aux côtes de la Floride pour les besoins de l’enquête. Selon les spécialistes, sur le marché américain, le butin saisi représente une valeur marchande de 180 millions de dollars.

Sans être banale, l’utilisation de sous-marins pour convoyer la drogue devient plus fréquente. Une dizaine de « narco-subs » sont maintenant découverts bon an, mal an par les marines colombienne et américaine et cela depuis près d’une décennie. L’inventivité des trafiquants est à la mesure du risque couru et du bénéfice escompté. Chaque interception réussie donne lieu à une légitime communication tous azimuts des autorités mais on peut s’interroger sur le nombre d’opérations de convoyage de drogue qui traverse les mailles du filet avec succès.

La discrétion des sous-marins en a fait un outil de choix pour les narcotrafiquants. Jusqu’à ces récentes années, ils utilisaient plutôt des bateaux ultra-rapides (speed boats) qui laissaient aisément derrière eux les bateaux des marines. Mais depuis, les marines américaine, colombienne, britannique et néerlandaise patrouillent de conserve, faisant décoller des avions et des hélicoptères de surveillance pour intercepter les bateaux dès qu’ils quittent la côte colombienne. Les radars américains de l'Agence antidrogue américaine (DEA) porteront un coup fatal au trafic par bateau. 

De la jungle colombienne à l’Afrique

Devant le pourcentage de cargaisons saisies, les narcotrafiquants sont condamnés à innover et la solution viendra des rebelles des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui lancent la construction de ces sous-marins d’un genre particulier comme ils avaient auparavant mis au point les bateaux ultra-rapides. Ces sous-marins ne plongent pas comme ceux utilisés par les militaires ; le corps est immergé mais reste en surface les tubes d’alimentation en air et une partie du système de navigation. Invisibles au radars, longs de moins de vingt mètres et pilotables par un équipage de quatre ou cinq hommes, ces engins transportent entre deux et douze tonnes de cocaïne.

Ambitieux, les narcotrafiquants voient de plus en plus grand : en 2000, un « narco-sub » de 33 mètres a été découvert par la police colombienne dans un chantier, à Bogota, (à plusieurs centaines de km de toute côte) avant qu’il n’ait pu naviguer. L’engin aurait pu transporter 200 tonnes de cocaïne. Ces submersibles sont petits certes, mais ils peuvent parcourir des milliers de kilomètres ; ainsi, selon les autorités américaines celui qui a été saisi à Bogota était conçu pour parcourir plus de 3 000 kilomètres.

   

 

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