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Cinéma / Bande dessinée

Tintin à Hollywood

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne Sony Pictures Releasing France

Le reporter du Petit Vingtième reprend du service. Mais cette fois à l’écran. Ce mercredi 26 octobre sort en Belgique et en France Les Aventures de Tintin – Le Secret de la Licorne, l’adaptation des aventures du jeune reporter par le réalisateur américain Steven Spielberg. Un film d’autant plus attendu que cela fait 28 ans que le cinéaste en rêvait.

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C’est l’un des événements cinématographiques de l’année, la rencontre au sommet, celle de l’univers de Spielberg et du monde d’Hergé, du créateur d’Indiana Jones et de celui de Tintin. La rencontre semblait évidente. En 1983, après la sortie du premier épisode des aventures d’Indiana Jones, Les Aventuriers de l’arche perdue, certains voient des similitudes entre le personnage du sémillant archéologue, et celui du reporter à la houppe blonde toujours en action.

Steven Spielberg se met à lire les 24 albums de Tintin, et envisage une adaptation. Il doit d’ailleurs rencontrer Hergé, enthousiaste à cette idée. Mais le dessinateur meurt trois semaines avant le rendez-vous. Le cinéaste n’abandonne pas l’idée pour autant. Mais pendant toutes ces années, le projet reste embryonnaire. Il n’arrive à trouver aucun acteur pour jouer Tintin.

Une technologie novatrice
 

Steven Spielberg, réalisateur du film "Tintin – Le Secret de la Licorne"
Steven Spielberg, réalisateur du film "Tintin – Le Secret de la Licorne" Sony Pictures Releasing France

C’est finalement l’arrivée d’une technologie révolutionnaire qui va relancer le projet : la « motion capture ». Ce procédé, déjà utilisé par James Cameron pour Avatar, permet de filmer des acteurs réels, mais ensuite de la fondre dans un univers virtuel, entièrement créé sur ordinateur.

Voilà enfin, pour le réalisateur américain, la possibilité de rendre à l’écran la fameuse « ligne claire » du dessinateur belge, cette technique constitutive de la bande dessinée franco-belge, langage graphique caractérisé par des aplats de couleurs bordés d’un trait noir régulier. La « motion capture » permet à Steven Spielberg et à son producteur associé Peter Jackson, auteur d’une adaptation du Seigneur des anneaux, de proposer un choix visuel fort : la création d’un monde hybride, ni animation pure, ni prise de vue réelle.
 

C’est dur pour un acteur en jouant un film de Steven Spielberg de ne pas être reconnu.

Gad Elmaleh, comédien

Le cinéaste a fait appel à des acteurs en chair et en os : Jamie Bell, révélé dans Billy Elliot, pour Tintin, le «James Bond» Daniel Craig pour le méchant Sakharine, Andy Serkis pour le capitaine Haddock ou Gad Elmaleh pour le sultan Ben Salaad. Pendant le tournage, ils évoluaient dans un décor équipé d’une centaine de caméras couvrant tous les axes possibles en n’importe quel point de l’espace afin de capter leur image en trois dimensions. Parallèlement, huit autres caméras enregistraient les comédiens pour garder un point de repère permettant aux dessinateurs de préserver les émotions des visages. Le résultat est impressionnant : Tintin est un autre, un avatar numérique en 3D, ni complètement lui-même, ni totalement un autre. Steven Spielberg donne vie aux personnages de papier sans les dupliquer ni les trahir pour autant.

Indiana Tintin
 

De Gaulle disait de Tintin qu'il était son «seul rival international».
De Gaulle disait de Tintin qu'il était son «seul rival international». Sony Pictures Releasing France

Reste le scénario. Là encore, Steven Spielberg et les trois scénaristes Steven Moffat, Edgar Wright et Joe Cornish sont fidèles à l’esprit d’Hergé tout en trahissant la lettre pure. L’histoire de Tintin – Le Secret de la Licorne mêle en fait l’action de trois albums : Le crabe aux pinces d’or, Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rakham le Rouge.

Après avoir acheté la maquette d’un bateau appelé la Licorne, le jeune reporter, toujours accompagné de son fidèle chien Milou, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. Steven Spielberg qui confiait avoir voulu réaliser une sorte d’Indiana Jones pour les enfants y parvient tout à fait. Tout comme Indy, mais sans être aussi roublard -et pas du tout porté sur l’alcool, ce serait plutôt l’apanage du capitaine Haddock-, Tintin est à la recherche d’une énigme. Que ce soit sur un canot dérivant sur l’océan, dans un hydravion en feu, en side-car ou en moto, les personnages du film multiplient les courses-poursuites, et se jettent à cœur perdu dans le danger.
 

Tintin est le premier personnage que je dirige qui n’est pas bizarre.

Steven Spielberg, réalisateur

Steven Spielberg arrivera-t-il à conquérir le public américain, où Tintin est bien moins connu et populaire que Spiderman ou Batman (le film sort aux Etats-Unis le 23 décembre prochain) ? De cela dépend, en partie, le succès d’un film au budget estimé à 135 millions d’euros. Rien qu’en France - où le film sera à l’affiche de quelques 800 écrans -, il lui faudra attirer 5 millions de spectateurs pour être rentable.

Du succès commercial dépend également la mise en chantier d’un nouvel épisode : Les Sept boules de cristal, mis en scène par Peter Jackson et attendu en 2013. Avec les 250 millions d’albums de Tintin vendus dans le monde et traduits en une centaine de langues, une presse globalement positive et un battage médiatique planétaire, la production peut espérer au moins rentrer dans ses frais.

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne Sony Pictures Releasing France

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