Brésil / droits de l'homme

Commission Vérité: le Brésil va à son tour faire la lumière sur les crimes de la dictature militaire

Dilma Roussef lors de la cérémonie de signature de la  loi portant création de la Commission Vérité, le 18 novembre 2011.
Dilma Roussef lors de la cérémonie de signature de la loi portant création de la Commission Vérité, le 18 novembre 2011. Beto Barata/Agencia estado/AE
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Au Brésil, une Commission Vérité a été officiellement créée ce vendredi 18 novembre 2011 par la présidente Dilma Rousseff. La commission, dont la mise en place a été très polémique, va enquêter sur les graves violations aux droits de l’Homme commises pendant la dictature militaire (torture, crimes, disparitions par centaines). Dilma Rousseff, elle-même torturée sous la dictature, s'était engagée à mettre en place cette institution dès le début de son mandat. La commission va donc remuer le passé, ce qui ne plaît guère aux militaires brésiliens.

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Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

Plus de 25 ans après la fin de la dictature militaire, personne au Brésil n’est capable de dire avec exactitude combien d’opposants politiques ont été tués, emprisonnés ou torturés entre 1964 à 1985.

Bien après le Chili, ou l’Argentine, qui ont déjà fait un travail d’enquête et de mémoire, le Brésil va donc se pencher sur les crimes commis sous le règne des militaires. C’est avec de l’émotion dans la voix que la présidente Dilma Rousseff, torturée sous la dictature, a salué la mise en place de cette commission vérité : «La vérité sur notre passé est fondamentale pour que les évènements qui ont entaché notre histoire ne se reproduisent plus jamais. Nous ne pouvons laisser le Brésil être corrompu par le silence. C’est un moment historique. L’heure est venue !»

La toute nouvelle Commission Vérité ne pourra néanmoins condamner personne… même coupable de crime. Car les militaires bénéficient toujours de l’amnistie, décidée pendant la dictature, et respectée depuis par tous les gouvernements démocratiques. Une mesure que la Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies a vivement critiquée, relançant la polémique au Brésil.

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