Russie / Otan / Etats-Unis

La Russie menace l’Otan et les Etats-Unis

Le président russe Dmitri Medvedev.
Le président russe Dmitri Medvedev. REUTERS/Dmitry Astakhov/RIA Novosti/Kremlin
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La Russie menace de déployer des missiles balistiques dans son enclave de Kaliningrad, aux portes de l’Union européenne. Alors que les discussions sur le déploiement du bouclier antimissile en Europe se poursuivent, Dmitri Medvedev a prononcé une allocution télévisée, mercredi 23 novembre 2011, pour affirmer que la Russie attendait des garanties supplémentaires, faute de quoi, elle n’hésiterait pas à déployer dans l'ouest et le sud du pays « des systèmes offensifs modernes, qui garantiront la destruction des installations européennes de la défense antimissile des Etats-Unis ».

Publicité

Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

Le ton est grave, l’ambiance solennelle. Sur fond de drapeau russe, Dmitri Medvedev adresse une mise en garde aux Etats-Unis et à l'Otan. « On tente de nous convaincre que leurs plans ne sont pas dirigés contre la Russie. Nous refuserons de participer à un programme qui serait capable d’affaiblir notre potentiel de dissuasion ».

Le moment choisi pour de telles déclarations n’est sans doute pas anodin. A 10 jours des législatives, le président, tête de liste de Russie unie, enfile le costume d’un chef capable de défendre les intérêts nationaux. D’autant que cette rhétorique parle à une majorité de Russes, selon le sociologue Boris Doubine, de l’institut Levada.

« Plus de 60% de la population estime que la Russie est une grande puissance, mais qu'en même temps, elle n'occupe pas la place qui devrait lui revenir sur la scène mondiale. En plus, ils estiment que des forces extérieures la menacent, comme les Etats-Unis ou l'Occident ».

Les principaux partis en lice pour les législatives ont rapidement réagi à l’allocution du président russe. Le chef des communistes, Guennadi Ziouganov salue ces déclarations tout en soulignant qu’elles auraient dû être formulées quelques années plus tôt. Quand au leader du parti ultranationaliste Vladimir Zhirinovski, il estime que la Russie sera obligée de sortir du traité START de désarmement nucléaire.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail