Revue de presse des Amériques

A la Une : Haïti, 2 ans après le séisme

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Haïti entre mémoire et reconstruction

Deux ans après, tout reste à faire dans ce pays. C’est en tout cas l’avis du Nouvelliste. Le journal haïtien dresse une liste des obstacles qui ralentissent la reconstruction.Un processus politique paralysant, un manque de leadership de la communauté internationale, sans parler d’une épidémie de choléra aggravante. Le pays le plus pauvre de l'hémisphère nord peine toujours à relever la tête, écrit le Nouvelliste.

L'ONU tire pourtant un bilan positif des efforts réalisés par la communauté internationale. Selon le coordinateur humanitaire des Nations unies, Nigel Fisher, cité par le Nouvelliste, la réponse humanitaire apportée à la catastrophe a été un succès. C’est une vision optimiste qui n’est pas forcement partagée par tous les Haïtiens, estime le journal de Port-au-Prince. « On ne peut pas dire qu'il se soit passé grand-chose ces deux dernières années », soutient Charles Ridoré, un sociologue haïtien établi en Suisse.

« Nous payons le prix de l’improvisation »

« La situation humanitaire n'est pas bonne », renchérit un responsable de Médecins sans frontières en Haïti. Selon lui, on ne peut pas parler de succès. « On en est encore à déblayer les gravats, près de la moitié des déplacés vit toujours sous les tentes et l'épidémie de choléra fait rage depuis plus d'une année ».

Le rédacteur en chef du Nouvelliste, Frantz Duval, se veut plus nuancé. « Oui, nous patinons, dit-il. Mais c'est aussi le prix de l'improvisation, car le président Michel Martelly n'était pas un homme politique. Le processus est compliqué. Mais la bonne nouvelle, c'est qu’il se déroule sans violence et sans recours aux armes ».

Il n’empêche : beaucoup d’Haïtiens pensent que la reconstruction de leur pays avance trop lentement. Leur déception est énorme, il faut dire, leurs attentes l’étaient aussi. C’est l’hypothèse formulée par Le Devoir. Selon le  journal québécois, une certaine impatience est toujours palpable quand il s'agit de dresser l'état des lieux. Impatience que l’on retrouve chez les Haïtiens mais également chez certains responsables de la communauté internationale.

Des institutions politiques fragiles

Selon la Folha de Sao Paulo, le gouvernement haïtien a perdu beaucoup de temps en raison de divisions internes. L’action politique est restée paralysée pendant pratiquement cinq mois, le temps de trouver un Premier ministre. Le journal brésilien appelle le président Michel Martelly à plus de flexibilité. S’il continue à traiter ses opposants d’une main de fer, la reconstruction d’un Etat démocratique sera bloquée. Mais Martelly peut s’ériger en vrai leader national, estime la Folha. Certaines de ses décisions vont dans le bons sens. Ainsi, la discussion sur le budget de l’Etat montre que le gouvernement a bien en tête l’intérêt général du pays.

Mais la priorité reste l’emploi, écrit le Miami Herald Tribune. Quelque milliers de personnes ont manifesté, hier 11 janvier 2012, devant le Parlement à Port au Prince. Brandissant des pancartes, elles demandaient au gouvernement du travail et une réforme agraire. Beaucoup d’Haïtiens pensent qu’une meilleure répartition des terres pourrait accélérer la construction de logements.

Et puis malgré la déception, il y a du progrès à signaler dans la reconstruction. Ce jeudi 12 janvier 2012, une université sera inaugurée à Limonade, une commune située dans le nord du pays, sur la côte atlantique. Cette université est en partie financée par les voisins d’Haïti, écrit le journal de la République dominicaine, le Diario Libre. Le président dominicain fera le déplacement pour inaugurer l’établissement destiné à accueillir 12.000 étudiants. Le Diario Libre souligne que les bâtiments ont été construits par des ingénieurs haïtiens et dominicains.

Le Brésil permet le regroupement familiale pour les Haïtiens

Depuis quelques jours déjà, le destin des Haïtiens entrés illégalement au Brésil fait débat au sein du gouvernement et dans les médias. La présidente Dilma Rousseff a décidé de fermer la frontière amazonienne aux clandestins haïtiens. Parallèlement, le gouvernement va régulariser la situation de ceux déjà présents sur le territoire. Et on apprend aujourd’hui dans le journal O Globo que Brasilia donne également son feu vert pour le regroupement familial. Les 4 000 immigrés récemment arrivés au Brésil pourront donc bientôt faire venir leurs proches d’Haïti. Selon O Globo ,1 200 personnes sont concernées. Reste à trouver une solution humanitaire pour les Haïtiens qui vivent depuis des semaines dans des conditions précaires à Brasileia, ville frontalière de la Bolivie qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés.

Mahmoud Ahmadinejad visite Cuba

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est rendu à Cuba, mercredi 11 janvier 2012. Une visite éclair de 24 heures, relayée par les médias officiels comme Cubadebate. Dans un discours prononcé à l’université de La Havane, le président iranien a fustigé la décadence du capitalisme. Le site internet relève que les relations entre Cuba et l’Iran sont excellentes. Les deux pays coopèrent en matière d’énergie, de biotechnologies et de commerce, ajoute Cubadebate.

Une loi qui change le monde de travail

Selon la Folha de Sao Paulo, cette loi fait déjà débat : désormais, les sms et les emails échangés entre l’employeur et le salarié en dehors des horaires des bureaux peuvent être comptabilisés dans les heures de travail. Du coup, les salariés pourraient demander à être payés en heures supplémentaires. Les organisations patronales se mobilisent déjà contre cette mesure.

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