Birmanie / Etats-Unis / Musique

Des rockeurs birmans victimes des sanctions économiques américaines

Page Facebook du groupe de rock birman Side Effect.
Page Facebook du groupe de rock birman Side Effect. Facebook

Ils souhaitaient se servir d’Internet pour obtenir les moyens d’enregistrer leur premier album mais leur ambition risque de tourner court. Les trois rockers du groupe birman Side Effect avaient choisi de poster leur candidature sur un site américain permettant aux internautes de faire financer leur projet. Mais le site en question refuse désormais de verser la somme recueillie aux musiciens birmans sous prétexte des sanctions économiques appliquées à leur pays.

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Les trois musiciens birmans pensaient avoir trouvé le moyen d’enregistrer leur premier disque. Ils s’étaient inscrits sur le site américain IndieGoGo et espéraient bien séduire les internautes avec leur vidéo et leur musique. En effet, cette plate-forme permet à des entrepreneurs de trouver des financements pour leur projet, comme ici produire un album. Les internautes investissent sur le groupe et en deviennent les producteurs.

La moisson avait été d’ailleurs plutôt bonne pour Side Effect puisqu’ils avaient finalement récolté plus de 2 000 euros. Presque la moitié de ce qu’il leur fallait pour envisager sereinement la sortie de leur premier album intitulé Rainy Night Dreams. Une façon pour ses artistes de faire connaitre leur style, inspiré par le groupe Nirvana. C’est en écoutant la musique du groupe de Kurt Cubain que le leader de Side Effect a eu envie d’apprendre à jouer à la guitare.

Un rêve qui tourne court

Mais voilà, la situation diplomatique du pays les a cruellement rattrapés puisque IndieGoGo ne veut pas aujourd’hui transférer les fonds récoltés par le groupe. La raison : le site a peur d’enfreindre l’embargo américain. En effet, les Etats-Unis ont, depuis plusieurs années, appliqué des sanctions économiques à la Birmanie pour contester les violations des droits de l’homme de la junte au pouvoir pendant de nombreuses années.

Depuis quelques mois, la junte militaire, qui a dirigé le pays pendant près de 50 ans, s’est auto-dissoute. En mars 2011, les pouvoirs ont été transférés à un gouvernement civil, contrôlé tout de même par d’anciens militaires. De nombreuses réformes ont été prises, saluées par la communauté internationale qui reste néanmoins prudente sur cette ouverture et qui n’a pas encore annoncé la levée des sanctions.

Sur Facebook tous les espoirs sont permis

La déception pour Side Effect est grande. « Nous ne travaillons pas avec le gouvernement, nous sommes juste des gars dans un groupe qui veulent faire de la musique. Nous sommes des rockers indépendants », a déploré le chanteur, Darko C, cité par le Myanmar Times. Un journal de Rangoon contrôlé par le pouvoir.

Difficile d’exister sur une scène birmane très confidentielle. Par exemple, jusqu’ici le groupe n’a donné que très peu de concert, dont leur première prestation rémunérée en juin 2011 pour la fête de la musique à l’Institut français de Rangoon. Désormais les membres de Side Effect comptent sur page Facebook pour récolter les fonds nécessaire à la naissance de leur premier disque.

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