Venezuela

La nouvelle hospitalisation d’Hugo Chavez anime le paysage politique vénézuélien

Le président Hugo Chavez salue ses partisans sur le chemin de l'aéroport avant son départ pour la Havane, le 24 février 2012.
Le président Hugo Chavez salue ses partisans sur le chemin de l'aéroport avant son départ pour la Havane, le 24 février 2012. REUTERS/Miraflores Palace/Handout

Au Venezuela, les autorités locales ont annoncé ce mardi 28 février le succès de l'intervention chirurgicale d'Hugo Chavez, la veille à Cuba. Plusieurs mois après sa première opération en juin 2011 pour soigner son cancer et après plusieurs séances de chimiothérapie, le président vénézuélien qui semblait revenir en forme, s'est vu retirer une nouvelle lésion cancéreuse. A quelques semaines de l’élection présidentielle, pour laquelle Chavez a déjà annoncé qu'il se portait candidat, le pays est désormais plongé dans le doute. Chavez sera-t-il capable de se lancer dans une campagne qui s'annonce difficile ?

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Avec notre correspondant à Caracas, Francois-Xavier Freland

Aucune information ne filtre sur la nature du cancer qui touche le président vénézuélien. Le vice-président Elias Jaua a juste confirmé mardi que l'opération s'était bien passée à l'hôpital Cimeq, le plus moderne de la Havane. Apparemment, celle-ci aurait duré 1h30 selon une source médicale proche de l'équipe soignante du chef de l'Etat. Hugo Chavez se remettrait correctement de cette intervention. Désormais, des examens sont effectués sur les tissus prélevés lors de l'opération pour savoir s'il s'agit d'une lésion maligne ou pas.

Mais le mystère autour de ce cancer donne lieu à toutes sortes de rumeurs, plus ou moins alarmistes. Hier, de nouveaux courriels privés publiés par Wikileaks et provenant de la société américaine Strafor, dans lesquels on peut lire des échanges d'informations secrètes proches du renseignement d'Etat sur la santé du président Chavez, évoquent un cancer grave et deux ans de vie, selon les dires de médecins cubains et russes.

Toutes ces informations ont été reprises, amplifiées dans des milliers de tweets. Selon les autorités de Caracas, ce ne sont que des spéculations morbides, une campagne de dénigrement et de déstabilisation.

Une bonne affaire pour l'opposition

Du côté de l'opposition, désormais incarnée par le nouvel adversaire de Chavez à la prochaine présidentielle, Capriles Radonski, on semble inviter à la retenue, alors que beaucoup ne cachent pas leur joie. Il a lui même souhaité un prompt rétablissement au président Chavez, et le veut en forme pour pouvoir l'affronter en octobre 2012. Il n’empêche que cette absence est une bonne affaire pour lui. Capriles déroule son programme, prend la place médiatique de l'absent, appuie là où ça fait mal, notamment sur l'insécurité, véritable fléau après 14 ans de chavisme.

En revanche, on constate une véritable effervescence religieuse autour de la maladie du président. Tous les jours, des veillées de prière sont organisées aux quatre coins du pays par ses fidèles, souvent des militants du Parti socialiste uni du Venezuela. Pas seulement des messes catholiques ou chrétiennes, mais aussi beaucoup de sorcellerie. Et il semble que du côté chaviste, on a un petit peu sombré dans l'irrationnel. On se tourne vers Dieu pour sauver le « héros des pauvres », l'homme « de la providence ». Et beaucoup attendent son retour, un petit peu comme la résurrection du Christ.

La question de la succession

Malgré tous les optimismes, au sein de la formation chaviste, plusieurs noms circulent pour prendre la relève. Il y a bien entendu le vice-président Elias Jaua, homme de parti, universitaire un peu gris, devenu désormais l’homme de confiance de l’actuel président, celui qui lit les communiqués, qui tient le pouvoir pendant l'absence du chef.

On parle aussi du frère d'Hugo Chavez, Adan, l'actuel gouverneur de l'Etat de Barinas. Mais il y a surtout le ministre des Affaires étrangères, Nicolas Maduro. A 49 ans, cet ancien chauffeur de métro, syndicaliste virulent, président de l'Assemblée nationale puis chef de la diplomatie depuis 2006, a longtemps été caricaturé comme un « Chavez bis », un petit télégraphiste.

Reste que sur beaucoup de dossiers, notamment sur le rapprochement diplomatique entre le Venezuela et la Colombie, l'homme a démontré un vrai talent. Et signe des temps, pendant longtemps, on le voyait toujours pas très loin derrière le chef. Aujourd'hui, il a un petit peu disparu. Hugo Chavez s'en méfierait et lui aurait proposé, pour ne pas dire « imposé », de se lancer dans la campagne des régionales de décembre 2012 afin de l'éloigner un peu plus du pouvoir central.

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