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Etats-Unis / Pakistan

Prime américaine pour capturer un chef islamiste pakistanais

Hafiz Mohammad Saeed, le leader et chef du groupe Lashkar-e-Taiba, dont la tête est mise à prix.
Hafiz Mohammad Saeed, le leader et chef du groupe Lashkar-e-Taiba, dont la tête est mise à prix. Reuters/Faisal Mahmood
Texte par : Vincent Ilutiu
4 mn

Les Etats-Unis offrent une récompense de dix millions de dollars pour la capture ou des informations pouvant conduire à l'arrestation de Hafiz Mohammad Saeed, fondateur du mouvement islamiste militant Lashkar-e-Taiba (LeT), basé au Pakistan. Le groupe est actuellement dirigé par Zaki-ur-Rehman Lakhvi.

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WikiLeaks a publié des documents attribués à la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, dans lesquels les deux leaders sont accusés d'avoir « planifié, dirigé et exécuté » des attentats en Asie du Sud.

Officiellement, Hafiz Saeed dirige maintenant la fondation Jamaat-ud-Dawa (JuD), l'une des plus importantes ONG d'aide pakistanaises, connue pour son travail auprès des victimes du tremblement de terre de 2005 et des inondations de 2010. La JuD, qui a toujours nié toute implication dans des actes de terrorisme, est pourtant considérée comme une vitrine humanitaire du LeT, accusé d'avoir organisé les attentats de 2008 à Bombay - attaques soldées par 166 morts, dont six Américains. Neuf des dix terroristes avaient été tués ; le seul survivant, le Pakistanais Ajmal Amir Qasab, a été capturé et condamné à mort, mais ses avocats ont fait appel.

Arrêté et relâché

L'Inde a immédiatement accusé les islamistes du LeT, et les relations déjà difficiles avec le Pakistan se sont rapidement dégradées. Hafiz Mohammad Saeed avait été arrêté après les attentats, mais il a été ensuite mis en liberté pour manque de preuves.

Les Etats-Unis ont mis le LeT sur leur liste des organisations terroristes en décembre 2001 ; la JuD figure sur la même liste depuis avril 2008. Depuis décembre 2008, après les attentats de Bombay, le Conseil de sécurité des Nations unies considère lui aussi que la JuD est une organisation terroriste.

Interpol a lancé un mandat d'arrêt international contre Hafiz Saeed, pour son rôle présumé dans les attaques concertées de Bombay. Le leader islamiste continue ses activités militantes au Pakistan : il a organisé ces derniers temps plusieurs manifestations anti-indiennes et anti-américaines, auxquelles ont pris part plusieurs ministres pakistanais. Le 27 mars dernier, Hafiz Mohammad Saeed a participé à une manifestation demandant au Pakistan de ne pas rouvrir ses routes aux convois de ravitaillement de l'Isaf, la force de l'Otan dirigée par les Américains en Afghanistan. Ses relations avec les militaires et avec le service de renseignement de l'armée pakistanaise ne sont un secret pour personne.

Quatre têtes mise à prix

Hafiz Saeed est donc devenu l'un des quatre leaders terroristes pour lesquels les Etats-Unis offrent une récompense de 10 millions de dollars. En tête de liste, le chef égyptien d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri (25 de millions de dollars de récompense), suivi par plusieurs terroristes présumés, dont le mollah Omar, chef des talibans afghans (10 millions). Le beau-frère de Hafiz Saeed, Hafiz Abdul Rahman Makki, co-fondateur du LeT, et probable numéro deux du mouvement, figure lui aussi sur la liste des personnes les plus recherchées ; les Américains offrent une récompense de 2 millions de dollars pour sa capture.

L'Inde a salué la décision américaine de mettre Hafiz Saeed sur la liste des personnes les plus recherchées. Le ministre des Affaires étrangères, S. M. Krishna, a déclaré qu'il s'agit d'un signal adressé aux terroristes du monde entier. Il a rappelé que l'Inde et les Etats-Unis ont été tous les deux victimes du terrorisme. New Delhi insiste depuis longtemps auprès de Washington, lui demandant de mettre Hafiz Saeed sur la liste.

La décision américaine embarrasse le Pakistan, qui a déjà rejeté plusieurs fois les demandes de l'Inde d'arrêter Hafiz Saeed. Islamabad affirme qu'il a besoin de preuves « précises et substantielles » quant à l'implication du leader islamiste dans les actes de terrorisme.

L'annonce de cette récompense intervient alors que les Etats-Unis et le Pakistan essaient de renouer des relations fragilisées ces derniers mois par plusieurs incidents largement dénoncés par Islamabad, dont le raid américain qui a tué Oussama ben Laden en mai 2011 dans le nord du Pakistan et une bavure de l'Isaf, soldée avec la mort de 24 militaires pakistanais en novembre dernier, près de la frontière afghane.

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