OTAN / Chicago

Sommet de l'Otan: l'Afghanistan et la France au cœur des débats

Barack Obama et François Hollande à la Maison blanche, le 18 mai 2012.
Barack Obama et François Hollande à la Maison blanche, le 18 mai 2012. REUTERS/Jeff Haynes
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Une cinquantaine de dirigeants du monde entier seront ce dimanche 20 mai à Chicago, aux États-Unis, pour le sommet de l'Alliance atlantique. La réunion sera largement consacrée à l'Afghanistan. Au menu : la stratégie pour sortir du conflit, avec en toile de fond la position de François Hollande, qui veut retirer ses troupes du pays d'ici la fin de l'année. Le président français devrait en faire part ce dimanche au secrétaire général de l'Alliance, lors de leur entretien bilatéral. Il l'a déjà fait savoir à Barack Obama, dès son arrivée à Washington vendredi.

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Avec nos envoyés spéciaux à Chicago,

« C’est une décision non-négociable, je ne dis pas que le président Obama a adhéré à ce que je lui disais », expliquait ce samedi 19 mai François Hollande dans un joli euphémisme.

Les Américains ont bien compris la détermination du chef de l’Etat français sur cette question, suite à la promesse qu’il avait lancée dans la campagne présidentielle. Plus aucun soldat français ne sera sur le sol afghan d’ici la fin de l’année, avait-il dit, avant de moduler sa position face à l’incrédulité des experts.

Techniquement, un retrait définitif n’est pas possible. Il n’y a pas que les hommes, il y a aussi le matériel à rapatrier. François Hollande a alors évoqué le retrait des troupes combattantes, position présentée comme un acte de souveraineté, mais en bonne intelligence avec les alliés de son pays.

Le président prend soin de rappeler que ce retrait n’est pas une désertion. La France a bientôt terminé sa mission et pourra rapidement transférer la sécurité de la province de Kapisa aux forces afghanes. Ce n’est pas non plus une première : les Pays-Bas et le Canada ont déjà anticipé le retrait de leurs troupes.

Pour banaliser au maximum la décision française avant le sommet de l’Otan, le nouveau ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian s’est arrêté à Washington pour rencontrer au pentagone son homologue américain.

L'absence de la Russie

Au-delà de ce positionnement français, que les troupes de la coalition décident de se retirer en 2012, comme la France, ou en 2014 comme la plupart des autres pays de l'Alliance, c'est du court terme, voire du très court terme, au regard d'un engagement de dix ans. Et cela suscite bien des débats.

La route du retour n'est, en effet, pas toute tracée. L'allié pakistanais pose problème. Les frictions sont telles avec les Etats-Unis que la passe de Khyber, par laquelle transitait l'essentiel de l'approvisionnement en Afghanistan, a été fermée. Sa réouverture est âprement négociée.

Discussions tout aussi délicates avec la Russie qui a jusque-là facilité le passage des troupes et du matériel par les routes du nord, mais à grand frais. Une soixantaine de pays ont décidé d'être représentés à ce sommet. Or, la Russie se tient à l'écart. Un coup d'arrêt a été mis au rapprochement opéré après 2008 et la guerre de Géorgie. Et ce refroidissement des relations américano-russes va planer comme une ombre au sommet de Chicago.

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