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ONU: les négociations sur le commerce des armes retardées par une controverse sur la participation palestinienne

Les militants de la Coalition pour le contrôle des armes, dans de faux sacs mortuaires devant le siège de l'ONU, le 2 juillet 2012 à New York.
Les militants de la Coalition pour le contrôle des armes, dans de faux sacs mortuaires devant le siège de l'ONU, le 2 juillet 2012 à New York. REUTERS/Control Arms Coalition/Andrew Kelly/Handout
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Faux départ pour la conférence sur le contrôle des armes à l’ONU qui doit aboutir à un traité à la fin du mois. L’ouverture des débats a été reportée d’une journée. La délégation palestinienne a demandé à parler en tant qu’Etat, suscitant un incident de procédure et l’interruption des débats.

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Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Les négociateurs du traité sur les armes s’attendaient à des difficultés, mais sans doute pas à un détournement de séance. Les débats n’ont même pas commencé.

Dès l’ouverture de la conférence, les pays arabes menés par l’Egypte insistent pour que la Palestine obtienne un siège à part entière. Confusion dans la salle. La séance est suspendue. Israël, grand exportateur d’armes, menace de boycotter le traité si les Palestiniens participent au rang d’Etat.

L’incident a pris de l’ampleur. Si la Palestine ne peut participer, disent les pays arabes, alors l’UE qui n’est qu’observateur à l’ONU, elle aussi, doit être exclue.

Certains diplomates onusiens parlent d’une tragédie alors que cette conférence sur les armes est attendue depuis plusieurs années. Les Occidentaux accusent l’Egypte de vouloir faire capoter le traité auquel Le Caire est très réticent.

Cet incident de procédure est évidemment très politique et marque la volonté des Palestiniens de poursuivre leur reconnaissance internationale partout où ils le peuvent.

En marge de la conférence, les militants de la Coalition pour le contrôle des armes se sont glissés dans de faux sacs mortuaires devant le siège de l'ONU.

Allongés devant l’ONU dans des linceuls pour figurer les victimes du commerce des armes, les représentants des ONG sont venus réclamer un traité le plus strict possible. Louis Belanger, l’un des responsables d’Oxfam veut que la vente soit interdite si les armes sont utilisées contre des civils.

« Si demain matin, tel pays décide de vendre des armes à la Syrie ou au Bahreïn, par exemple, on va avoir un certain nombre de critères pour faire en sorte de s’assurer que les armes ne soient pas utilisées contre les civils et n’enfreignent pas les droits humains », explique-t-il.

L’un des points de désaccord est l’inclusion ou non dans le traité des armes de petit calibre. Les Européens y sont favorables, mais d’autres pays comme la Chine y sont opposés. Une question cruciale pour l’Afrique.

« En tant qu’Africains, nous avons besoin que ce traité couvre les armes légères et les petits calibres, rappelle Baffour Amoa du Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest. C’est ça qui pose problème pour nous. Dans tous les conflits en Afrique, les armes utilisées sont des petits calibres. »

A la différence des bananes, du coton ou même des bouteilles d’eau, le marché des armes ne fait l’objet d’aucun contrôle international. Les négociateurs ont maintenant un mois pour changer cela.
Karim Lebhour

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