La revue de presse des Amériques

A la Une : qui se cache derrière Enrique Peña Nieto ?

Texte par : Benjamin Damade
5 mn

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Le Washington Post fait part de ses doutes en Une de son édition de mardi : quelles seront les relations des Etats-Unis avec le nouveau président mexicain ? Enrique Peña Nieto, qui a remporté les élections présidentielles dimanche soir, souffre d'un véritable déficit de notoriété de l'autre côté du Rio Grande. « Cet homme est une énigme pour beaucoup de gens aux Etats-Unis », souligne le quotidien. L'ancien gouverneur est accusé de ne pas avoir l'expérience de la politique internationale et d'être resté assez flou sur son programme. Et qui plus est, c'est le seul président mexicain depuis 30 ans à ne pas sortir de Yale ou Harvard, les prestigieuses universités américaines. On peut donc comprendre que ce ne soit pas très rassurant pour Washington même si le journaliste remarque « les efforts déployés hier par le président élu » pour rassurer son voisin du nord.

La question du trafic de drogues

Le Washington Post se demande également quelles sont les véritables intentions de Peña Nieto sur la question majeure de la lutte contre le narcotrafic et surtout quelle sera sa détermination sur le long terme. « Son parti, le PRI, a la réputation de s'arranger avec les mafias de la drogue tant que celles-ci acceptent de ne pas attaquer les civils », écrit le journaliste. Et le quotidien de rappeler au passage que trois ex-gouverneurs de l'Etat frontalier de Tamaulipas - issus du PRI - sont toujours sous le coup d'une enquête pour avoir frayé avec ces cartels du nord du pays. Mais quoi qu'il en soit, les Américains ont encore un peu de temps pour déchiffrer l'énigme Peña Nieto : il ne prendra ses fonctions que le 1er décembre prochain.

L’Est des Etats-Unis toujours dans le noir

L’autre sujet à la Une ce mardi, ce sont les conséquences de la violente tempête qui a touché la côte Est le week-end dernier. Le toujours très pédagogue Christian Science Monitor se pose cette question : pourquoi cela prend-il autant de temps pour rétablir l'électricité ?

Samedi, 4,1 millions de personnes à travers onze Etats de la côté Est, dont Washington DC, se sont retrouvés dans le noir. Lundi après-midi, seuls 45% d'entre eux pouvaient enfin rallumer leur climatisation alors que la canicule, elle, continue de toucher sévèrement la région. Pour tous les autres, cela fait donc quatre longs jours d’attente mais, explique le journal en ligne, c'est tout de même plus rapide que lors des autres coupures de ce type. L'article prend comme point de comparaison les dégâts provoqués en août 2011 par la tempête Irène. La lenteur des services publics avait été très largement critiquée à l'époque.

Cette fois, leur temps de réaction a été de 5% à 6% plus rapide dans la plupart des Etats. Le progrès, somme toute très relatif, n’a peut-être pas été aperçu par tous mais il est dû à l'utilisation de techniques scientifiques qui permettent de prévoir les dégâts causés par les catastrophes naturelles et donc de mobiliser à temps les équipes nécessaires au rétablissement du courant.

Ce jour férié qui plombe l’économie

Demain mercredi, nous serons le 4 juillet, jour de l’indépendance et fête nationale aux Etats-Unis. Et cela ne va pas arranger les affaires des habitants qui attendent toujours l’arrivée des secours. 160 millions d'Américains prévoient un pique-nique ou un barbecue demain, en revanche pas beaucoup comptent se rendre au travail.

C’est ce qui fait dire auMiami Herald que cette année, ce jour férié risque de contrevenir aux intérêts de la nation. En effet, puisqu’il tombe un mercredi, les Américains en ont profité pour faire le pont, explique le journal de Floride. Un week-end de cinq jours pour les uns, neuf jours de vacances pour les autres et plusieurs dizaines de millions de dollars de perte de productivité à la clé. Pas vraiment un cadeau dans le contexte économique actuel.

Le népotisme de Franco

On termine cette revue de presse en Amérique du Sud, au Paraguay précisément où les décisions du nouveau président ne font pas vraiment l'unanimité. « L'ère Franco va-t-elle être celle du népotisme », s'interroge le quotidien La Nación.

A l'origine du scandale, un décret signé hier par le président paraguayen. Federico Franco avait, lors de son investiture il y a deux semaines, promis une présidence plus honnête et le voilà qui vient de nommer sa belle-sœur à un poste de direction au sein de l'entreprise publique qui gère l'immense barrage d'Itaipu, à la frontière avec le Brésil. Les réactions ne se sont pas faites attendre dans ce contexte déjà explosif. La Nación en liste quelques-unes publiées sur le réseau social Twitter par les internautes paraguayens. Certains ironisent déjà : « Il nous a dit ' Notre gouvernement sera composé des meilleurs ', en fait il voulait dire de ses meilleurs copains ». D'autres plus sévères appellent à un procès politique express et à la destitution immédiate de Franco, exactement comme ce fut le cas pour son prédécesseur, Fernando Lugo, le mois dernier.

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